samedi 24 mars 2018

L'UNEM et le colloque d'IFRANE (mars 1970)

L'UNEM et le colloque d'IFRANE de1970 (extrait du "le petit berger qui devint communiste")
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Un jour de fin février 1970, le jeune communiste fut embarqué sans formalité aucune dans une voiture noire par des individus en civil. Il se retrouva au palais royal. Il se retrouva avec d’autres leaders étudiants dans la grande salle où se tenaient normalement les réunions    les réunions du conseil du gouvernement. Les enseignants, leaders politiques de l’opposition, étaient là aussi.  Radi, Oualalou, Mohamed Nacir (UNFP), Ismaïl Alaoui, Omara El Fassi (du PLS)…Guedira et autres dignitaires du régime se trouvaient là.
Les représentants de l’Etat demandèrent aux représentants des étudiants d’arrêter les grèves pour que les gens « fêtassent » tranquillement le 3 mars, « la fête» du trône. Le roi les recevrait au cours du mois de mars.
Les « grands » quittèrent la salle pour laisser le temps aux militants de l’UNEM de décider. Les présents trouvèrent un compris et cela après une discussion houleuse, Lakhsassi communiqua la position officiel de l’UNEM : « nous ne sommes que des représentants. Nous allons convoquer des assemblées générales dans tous les établissements, et c’est aux étudiants de se prononcer sur votre proposition ».
 Les AG des étudiants refusèrent d’arrêter le mouvement de contestation. Le mouvement se radicalisa.
Le 11 mars (si j’ai une bonne mémoire), les représentants de l’UNEM, des corporations et des associations des étudiants furent « invités » au colloque d’Ifrane (du 12 au 15 mars 1970). Un car spécial assura le transport des représentants des étudiants.
A Ifrane , les étudiants furent installés à l’hôtel « Les tilleuls », les enseignants, les doyens, les directeurs d’Ecoles et Instituts et…le président de l’UNEM( ???!!!) furent installés ailleurs, loin des étudiants.
Les travaux se déroulaient dans une grande salle juste à côté du  palais royal.
Le but de Hassan II n’était pas de trouver des solutions aux problèmes de l’enseignement. Les grands choix étaient déjà faits. L’objectif était de casser le mouvement, de discréditer les représentants des étudiants, de mettre à genoux l’UNEM. Radi, Naciri, Omar Al Fassi, Ismaïl Alaoui étaient en connivence avec les proches du palais. Les étudiants « agitateurs » (du PLS et de l’UNFP) dérangeaient les directions réformistes.
Les étudiants communistes se concertaient entre eux et rejetaient les directives du parti. Lakhsassi, «pris en charge» par Radi, évitait toute concertation avec les autres membres du CE et avec les représentants des étudiants.
Le colloque se transforma en assemblée sans discussion de fond, en ateliers qui ne produisaient rien de sérieux. Le jeune communiste était dans un « atelier » dont le bouffon n’était autre que Ezeddine Laraqui (il deviendra par la suite premier ministre !!!). Le directeur de l’INSEA et autres responsables aimaient chanter ensemble « tu veux ou tu veux pas… » de Brigitte Bardot.
Les 13 mars, on fit savoir aux étudiants qu’ils allaient être reçus un à un par le roi. Au même moment la radio « informa » le public que le ministère de l’éducation nationale  avait décidé d’exclure des élèves, « fauteurs de troubles »…A Ifrane, les étudiants présentèrent une motion où ils annoncèrent le gèle de leur participation au colloque et cela tant que la décision de l’exclusion des élèves n’aurait pas été annulée.
   En coordination avec Lakhsassi et des étudiants « disciplinés », Radi déchira la motion et les travaux reprirent.
  Les 14 mars on demanda aux étudiants de « descendre en bas » et se préparer à être reçu par le roi en personne.
 « En bas » est transformé en salle d’AG. La majorité écrasante décida de ne pas se courber devant Hassan II. Pas de baisemain. Les représentants de la faculté de lettre devraient (ils étaient les plus sûrs) prendre la tête.  Une fois revenus dans la grande salle les étudiants attendirent la suite. Hassan qui était bien sûr au courant, escorté du général Oufkir et de ses plus proches collaborateurs, pénétra dans la salle  tout rouge de colère. Il ne salua personne.
La première rangée était occupée par les doyens , directeurs.., la deuxième rangée par les représentants des enseignants, la troisième par les présidents des corporations et associations des étudiants…après 40 ans, le communiste se rappelle bien qu’il était assit à côté du militant Abdellah El Mansouri de l’EMI, et que derrière chacun d’eux il y avait un flic (en civil), et qu’à l’entrée de Hassan II , les deux jeunes communistes ne s’étaient pas levés. Ce qui leur avait valu des coups dans les dos. En refusant d’applaudir, ils reçurent d’autres coups. Certainement qu’ils n’étaient pas les seuls à se faire « rappeler à l’ordre ».
Le discours prononcé avait essentiellement pour contenu des insultes. Les représentants des étudiants furent traités par Hassan II comme des vauriens.
  Tout le monde reprit la route de Rabat. Le jeune communiste était content. Il venait de vivre une expérience très instructive : ceux qui dirigeaient le pays n’étaient pas  mieux que ceux qui vivaient dans les bas-fonds du pays, les responsables des partis de l’opposition n’avaient rien d’opposants, que Lakhsassi n’était pas digne de représenter les étudiants et qu’il fallait le dénoncer dans les assemblées générales. Les communistes présents au colloque d’Ifrane de mars 1970, ne sentaient plus de liens  avec le PLS ni idéologiquement, ni politiquement, ni sur le plan organisationnel.
 A la faculté de lettres, les représentants des étudiants furent accueillis avec des jets de tomates. Mais les jeunes communistes ont su expliquer aux étudiants ce qui s’était réellement passé.
A l’INSEA, le jeune communiste et son autre compagnon présentèrent à l’AG  des élèves ingénieurs un rapport détaillé sur le fiasco du colloque d’Ifrane. Interpelé par les élèves, l’enseignant F.Oualaalou  (lui-même ex président de l’UNEM)  essaya, sans succès, de justifier sa position à Ifrane. Il s’était dressé contre les revendications estudiantines.

  La jeunesse « scolarisée » marocaine continua son combat sous diverses formes : des grèves de durées limitées, de durées indéterminées, des manifestations de rue, la distribution de tracts, les visites aux usines en grève…
..........
 La cité universitaire, la faculté de lettres, l’EMI étaient les foyers de l’agitation. Devant l’immobilisme du CE de l’UNEM, en coordination avec les jeunes communistes et avec des jeunes révolutionnaires ittihadis, le Comité des résidents et des résidentes transforma la cité en QG de l’agitation estudiantine : affiches murales, tracts, conférences, débats… 
Les jeunes communistes tissèrent des liens avec des militants de la gauche palestinienne de l’Erythrée, de Bahreïn, du Sahara occidental…
A la veille du 4 mai 1970, et à l’occasion de la visite au Maroc du ministre des affaires étrangères de l’Espagne, Lopez Bravo,  le comité des résidents décida d’appeler les étudiants à observer une grève générale et un rassemblement au restaurant universitaire le 4 mai.
Pourquoi le 4 mai ? bien sûr il y avait la visite de Lopez Bravo. Mais le jeune communiste avait en tête le soulèvement des étudiants chinois le 4 mai 1919, soulèvement qui a marqué l’histoire de la Chine, soulèvement qui avaient joué un rôle important dans le fleurissement des idées révolutionnaires qui allaient contribuer à la naissance du parti ,communiste chinois en juillet 1921.
 Le 3 mai, le jeune communiste alla trouver le grand communiste Aziz Belal, qui lui fournit des informations essentiellement économiques sur le Sahara Occidental. Le côté politique, le jeune avait ses idées à lui, idées enrichies par des discussions avec le militant Serfaty qui était au courant du projet, et avec des militants sahraouis qui préparaient déjà le soulèvement d’El Ayoune en juin 1970.
Sans coordination aucune avec le CE de l’UNEM, le comité des résidents et des résidentes annonça le soir du 3 mai l’idée par affiches , tracts…les jeunes communistes, les révolutionnaires ittihadis se mobilisèrent et la grève du 4 mai fut un grand succès. GREVE purement POLITIQUE. Le meeting a eu lieu. Le jeune communiste prit le premier la parole puis céda la place à Lakhsassi qui était là. Personne n’avait parlé de la marocanité du Sahara. Le jeune avait insisté sur le principe de la décolonisation, sur la solidarité avec la résistance sahraouie, et avait dénoncé les tractations/collusion entre les régimes de Franco et de Hassan II et cela aux dépens des intérêts des peuples de la région.
Furieux, Hassan II ordonna l’enrôlement militaire forcé des militants de l’UNEM. La liste préparée par les services du ministère de l’intérieur créa une pagaille indescriptible : un ingénieur, portant le nom de Fakihani, fut arrêté à la place Abdelefettah Fakihani, militant de la Faculté de lettre, un Derkaoui « apolitique » fut arrêté à la place du militant Abdellatif Derkaoui membre du CE, un congolais, membre de l’Association des étudiants de l’INSEA, allait être embarqué…
Des dizaines de militants, qui n’avaient pas le temps de s’enfuir, se retrouvèrent dans les casernes de Bengerir, de Benslimane...
Le jeune communiste trouva refuge chez des amis et parmi ceux-ci Ahmed Akaddaf .
Avec des militants Ittihadis tels Bezzaoui, Moussaoui, et des camarades à lui, le jeune communiste contribua à la création du « Comité exécutif clandestin » de l’UNEM, et aux comités de résistance au sein des établissements universitaires.
 Les étudiants, les lycéens…organisèrent de gigantesques manifestations. Des dizaines d’arrestations. De grands militants et militants émergèrent du mouvement tel Aziz Mnebhi, AfiFa, Nouda, Abdeslam El Mouden, Mohamed Fekkak et des centaines d’autres.
 Les directions de l’UNFP et du PLS demandèrent aux militants d’arrêter le mouvement. Selon les politicards, personne ne serait capable de faire fléchir Hassan II et le général Oufkir. L’institution militaire était (elle l’ est toujours en 2012) au-dessus de la loi. C’est une institution qui fait partie des « sacrés » du pays.
 Le « CE clandestin de l’UNEM » contrecarra en appelant à la résistance active. Le seul mot d’ordre des circonstances était ; LUTTONS POUR LA LIBERATION DES ENRÔLES.
Le CE clandestin de l’UNEM, tira des dizaines de milliers de tracts, et cela grâce aux centaines de limonières vietnamiennes qui avaient fleuri un peu partout. Des comités de région furent constitués. Des milliers d’étudiants furent chargés de rentrer chez eux et distribuer les tracts pour créer l’agitation à travers tout le pays. Quelques jours après, tout le pays fut atteint par l’agitation. Pour le régime, la situation s’aggravait. Le feu s’allumait, la baraque prenait le feu.
Un soir l’armée relâcha les victimes de la répression. Têtes rasées, les libérés furent reçus à la cité universitaire en véritables héros. Ce fut une nuit inoubliable. Le grand militant Belmejdoub, Lakhsassi, et des dizaines d’autres militants retrouvent des milliers de militants de l’UNEM.
Le front antimakhzen, n’a jamais connu de grandes fractures. Au sein de l’UNEM coexistaient démocratiquement les deux courants de l’UNFP, les deux courants marxistes léninistes. Les luttes intestines à l’UNEM ne dépassaient pas des débats « quelque fois houleux » politiques et idéologiques. C’était la force de l’UNEM. Aujourd’hui (2012), il est pratiquement impossible de concevoir une lutte unitaire des composantes de la gauche de l’UNEM. C’est dommage !

mercredi 14 mars 2018

8 مارس مكسب، و التعامل معه تعامل طبقي




يوم 8 مارس من كل سنة 
إحدى مكتسبات النساء المضطهدات

-         1910، طرحت المناضلة الألمانية، كلارا زتكين، خلال "الندوة العالمية الثانية للمناضلات الاشتراكيات" ضرورة تحديد يوم سنوي عالمي للمرأة لطرح أهم القضايا ك: حق التصويت، الحق في العمل، و من أجل القضاء على مختلف أشكال التمييز الجنسي...
-          23 فبراير 1917 (8 مارس في التقويم الغريغوري)، و تخليدا لقمع يوم 8 مارس 1856 الذي خرجت فيه آلاف النساء للاحتجاج في شوارع مدينة نيويورك ، خرجت آلاف العاملات "بسان بيترسبورغ" الروسية، نتج عنها العصيان المدني ثم   تشييد الجمهورية البرجوازية الروسية (ثورة فبراير 1917)على أنقاض النظام القيصري.
-           1921، النظام الشيوعي السوفياتي بقيادة لينين يعلن 8 مارس من كل سنة يوم عالميا للمرأة، يوما نضاليا، يشكل مناسبة للتعريف بقضايا المٍرأة المشروعة عامة، و بقضايا الكادحات خاصة.
-         الأنظمة البرجوازية الغربية، و مختلف الأنظمة الرجعية عبر العالم رفضت الاعتراف بهذا اليوم، حيث تعتبر وضعية المرأة وضعية عادية مقارنة مع وضعية الرجل.
-         1977: الأمم المتحدة تعترف بيوم 8 مارس كيوم عالمي للمرأة، و ذلك تحت ضغط الحركات النسائية الديمقراطية عامة، و النساء التقدميات خاصة، مدعمة في ذلك بالحركات الشيوعية  و الأنظمة التقدمية و كل الديمقراطيين الحقيقيين.
-         1982: تعترف الجمهورية البرجوازية الفرنسية بيوم  8 مارس كيوم عالمي للمرأة. 
المغرب و 8 مارس من كل سنة.
التعامل مع 8 مارس، تعامل طبقي
·       مناسبة لمعظم القوى الإسلامية لمناهضة مطالب المرأة المشروعة، و التنديد بتحديد يوما خاصا بها، لأن "الدين الإسلامي كرمها و وفر لها جميع الحقوق".
·       القوى المخزنية و البرجوازية "العصرية" (عصرية؟ هههه) تعتبر 8 مارس يوما احتفاليا و مناسبة لتكريم نساء من عالم "الاقتصاد و الإعلام و الفن..."، أي نساء برجوازيات ممخزنة.
·       حركات ديمقراطية برجوازية (نساء، سياسية، نقابية، جمعوية...)،  تطالب بإصلاحات للتقليص (و ليس للقضاء) من الفوارق بين الجنسين.
·       حركات تقدمية،  تحاول أن تجعل من يوم 8 مارس مناسبة نضالية لفضح الواقع المر الذي تعيش فيه بالأساس المرأة الكادحة، لشرح الربط الجدلي الذي يجعل من هذا الواقع جزءا من واقع أعم، أي واقع الاضطهاد الطبقي، الاستغلال الطبقي، و من هنا تربط جدليا الحركة التقدمية (من ضمنها النساء التقدميات) نضال تحرر المرأة  بالتحرر الطبقي، بتحرر المجتمع من الاضطهاد و الاستغلال و الميز الطبقي و الجنسي... ففي هذا الإطار يمكن فهم الاحتفالات و "البهرجة" التي تعكسها وسائل الإعلام الرسمية و الذيلية، و أنشطة القوى التقدمية. الأولى  تبرز البرجوازيات التي "نجحت" في عالم الطبقات السائدة و يتم تكريمها في فنادق 5نجوم و في مباني رسمية، فالوقت الذي تنظم القوى التقدمية لقاءاتها و ندواتها في مقرات عادية. فالقاعات العمومية مقفولة أمامها.
بطبيعة الحال، المرأة تعاني من الميز في مختلف الطبقات. ففي  ملكيات العالم الإسلامي، لا تتمتع الأميرات بنفس حقوق الأمراء لا يمكن لها أن تصبح ملكة مثلا).  و مختلف القوى الملكية، بما فيها القوى المدافعة عن "الملكية البرلمانية"، لا تتطرق لهذا الحيف. أما من لا يؤمن إلا بسلطة الكادحين و الكادحات، فهذا لا يهمه  مادامه يرفض تاريخيا مختلف الأنظمة المبنية على الاستغلال و الاضطهاد (الملكية، الجمهورية البرجوازية....).
و من هذا المنطق، يتركز اهتمام الحرات و الأحرار على قضايا المرأة "الشعبية" عامة، و المرأة العاملة خاصة التي تتعرض للاضطهاد على عدة مستويات: الاستغلال الاقتصادي (في المعمل، في الضيعة...)، الاضطهاد الاجتماعي (داخل الأسرة، في الشارع،على مستوى العادات و التقاليد...)، القانوني (في الإرث، و في حقوق مدنية عدة)، الثقافي (عدة عراقيل أمام تفتح المرأة، أمام تألق المرأة، أمام تحرير الطاقات الخلاقة المخزونة لدى المرأة...).
فيوم 8 مارس، مكسب تقدمي،  فلنجعل منه محطة نضالية، و مناسبة لإعادة لاعتبار للمقولة " لا تحرر المجتمع بدون تحرر المرأة، و لا تحرر المرأة بدون تحرر المجتمع" .   
يعتبر ماو تسي تونغ أن النساء أكثر عرضة للاضطهاد والاستغلال. فقد قال عنهن أنهن: "يحملن على أكتافهن عبئ الاضطهاد أكثر من الرجال، إذ بينما يواجه هؤلاء ثلاثة جبال من الاستغلال، تواجه النساء أربعة، لأن الرجال يستغلونهن أيضا".
مارس2018
على فقير، حالم بنظام المنتجات و المنتجين و مختلف المبدعين و المبدعات

lundi 5 mars 2018

A propos du colloque d'Ifrane (mars 1970)

A propos du colloque d'Ifrane (mars 1970).
Extrait du "Le petit berger qui devint communiste.

Un jour de fin février 1970, le jeune communiste fut embarqué sans formalité aucune dans une voiture noire par des individus en civil. Il se retrouva au palais royal. Il se retrouva avec d’autres leaders étudiants dans la grande salle où se tenaient normalement les réunions du conseil du gouvernement. Les enseignants, leaders politiques de l’opposition, étaient là aussi.  Radi, Oualalou, Mohamed Nacir (UNFP), Ismaïl Alaoui, Omara El Fassi (du PLS)…Guedira et autres dignitaires du régime se trouvaient là.
Les représentants de l’Etat demandèrent aux représentants des étudiants d’arrêter les grèves pour que les gens « fêtassent » tranquillement le 3 mars, « la fête» du trône. Le roi les recevrait au cours du mois de mars.
Les « grands » quittèrent la salle pour laisser le temps aux militants de l’UNEM de décider. Les présents trouvèrent un compris et cela après une discussion houleuse, Lakhsassi communiqua la position officiel de l’UNEM : « nous ne sommes que des représentants. Nous allons convoquer des assemblées générales dans tous les établissements, et c’est aux étudiants de se prononcer sur votre proposition ».
 Les AG des étudiants refusèrent d’arrêter le mouvement de contestation. Le mouvement se radicalisa.
Le 11 mars (si j’ai une bonne mémoire), les représentants de l’UNEM, des corporations et des associations des étudiants furent « invités » au colloque d’Ifrane (du 12 au 15 mars 1970). Un car spécial assura le transport des représentants des étudiants.
A Ifrane , les étudiants furent installés à l’hôtel « Les tilleuls », les enseignants, les doyens, les directeurs d’Ecoles et Instituts et…le président de l’UNEM( ???!!!) furent installés ailleurs, loin des étudiants.
Les travaux se déroulaient dans une grande salle juste à côté du  palais royal.
Le but de Hassan II n’était pas de trouver des solutions aux problèmes de l’enseignement. Les grands choix étaient déjà faits. L’objectif était de casser le mouvement, de discréditer les représentants des étudiants, de mettre à genoux l’UNEM. Radi, Naciri, Omar Al Fassi, Ismaïl Alaoui étaient en connivence avec les proches du palais. Les étudiants « agitateurs » (du PLS et de l’UNFP) dérangeaient les directions réformistes.
Les étudiants communistes se concertaient entre eux et rejetaient les directives du parti. Lakhsassi, «pris en charge» par Radi, évitait toute concertation avec les autres membres du CE et avec les représentants des étudiants.
Le colloque se transforma en assemblée sans discussion de fond, en ateliers qui ne produisaient rien de sérieux. Le jeune communiste était dans un « atelier » dont le bouffon n’était autre que Ezeddine Laraqui (il deviendra par la suite premier ministre !!!). Le directeur de l’INSEA et autres responsables aimaient chanter ensemble « tu veux ou tu veux pas… » de Brigitte Bardot.
Les 13 mars, on fit savoir aux étudiants qu’ils allaient être reçus un à un par le roi. Au même moment la radio « informa » le public que le ministère de l’éducation nationale  avait décidé d’exclure des élèves, « fauteurs de troubles »…A Ifrane, les étudiants présentèrent une motion où ils annoncèrent le gèle de leur participation au colloque et cela tant que la décision de l’exclusion des élèves n’aurait pas été annulée.
   En coordination avec Lakhsassi et des étudiants « disciplinés », Radi déchira la motion et les travaux reprirent.
  Les 14 mars on demanda aux étudiants de « descendre en bas » et se préparer à être reçu par le roi en personne.
 « En bas » est transformé en salle d’AG. La majorité écrasante décida de ne pas se courber devant Hassan II. Pas de baisemain. Les représentants de la faculté de lettre devraient (ils étaient les plus sûrs) prendre la tête.  Une fois revenus dans la grande salle les étudiants attendirent la suite. Hassan qui était bien sûr au courant, escorté du général Oufkir et de ses plus proches collaborateurs, pénétra dans la salle  tout rouge de colère. Il ne salua personne.
La première rangée était occupée par les doyens , directeurs.., la deuxième rangée par les représentants des enseignants, la troisième par les présidents des corporations et associations des étudiants…après 40 ans, le communiste se rappelle bien qu’il était assit à côté du militant Abdellah El Mansouri de l’EMI, et que derrière chacun d’eux il y avait un flic (en civil), et qu’à l’entrée de Hassan II , les deux jeunes communistes ne s’étaient pas levés. Ce qui leur avait valu des coups dans les dos. En refusant d’applaudir, ils reçurent d’autres coups. Certainement qu’ils n’étaient pas les seuls à se faire « rappeler à l’ordre ».
Le discours prononcé avait essentiellement pour contenu des insultes. Les représentants des étudiants furent traités par Hassan II comme des vauriens.
  Tout le monde reprit la route de Rabat. Le jeune communiste était content. Il venait de vivre une expérience très instructive : ceux qui dirigeaient le pays n’étaient pas  mieux que ceux qui vivaient dans les bas-fonds du pays, les responsables des partis de l’opposition n’avaient rien d’opposants, que Lakhsassi n’était pas digne de représenter les étudiants et qu’il fallait le dénoncer dans les assemblées générales. Les communistes présents au colloque d’Ifrane de mars 1970, ne sentaient plus de liens  avec le PLS ni idéologiquement, ni politiquement, ni sur le plan organisationnel.
 A la faculté de lettres, les représentants des étudiants furent accueillis avec des jets de tomates. Mais les jeunes communistes ont su expliquer aux étudiants ce qui s’était réellement passé.
A l’INSEA, le jeune communiste et son autre compagnon présentèrent à l’AG  des élèves ingénieurs un rapport détaillé sur le fiasco du colloque d’Ifrane. Interpelé par les élèves, l’enseignant F.Oualaalou  (lui-même ex président de l’UNEM)  essaya, sans succès, de justifier sa position à Ifrane. Il s’était dressé contre les revendications estudiantines.
  La jeunesse « scolarisée » marocaine continua son combat sous diverses formes : des grèves de durées limitées, de durées indéterminées, des manifestations de rue, la distribution de tracts, les visites aux usines en grève…
En coordination avec les militants Serfafy, Laabi, Belakhdar, Ben Addi, Benaïm, Zhor Benchemsi, le jeune communiste préparait la création d’une organisation révolutionnaire, organisation marxiste-léninste, organisation véritablement communiste. D’abord il était en contact avec certains militants qui avaient crée officiellement la première organisation marxiste-léniniste. Il savait tout ce qui se passait au sein de la nouvelle organisation. Il se mit en contact avec les militants de la région de Marrackech par l’intermédiaire du grand militant Lhoussine Togui, d’Azrou avec le militant El Hamdaoui, il se déplaça plusieurs fois à Meknès où il organisa des réunions avec la jeunesse communiste locale…Au niveau de l’université, c’était le groupe composé de Fakihani, El Amrani,du jeune communiste qui était responsable de la préparation de la scission. Mais des dizaines de militants se considéraient déjà en dehors du PLS et dirigeaient le mouvement étudiants : Aziz Mnebhi, Aziz Loudiyi, Salim Redouan, Khadija Mnebhi, Fatima… (Fac de lettre), Nouda, Kamouni, El Mansouri, Safi, Fatima, Badiâ... (EMI)…Mohamed Moussaoui…(ENA de Meknès)…
A Rabat, au niveau des lycées, les noms des grands militants circulaient : Driss Benzekri, Fouad El Hilali, Omar Zaïdi, Zouhaire Abderrahim, Raouf Falah…Driss Benzekri aura joué un rôle primordial dans le recrutement des jeunes des lycées de Kénitra, des jeunes de Khémisset et de Tiflet. A Casablanca, c’était autour de Abdellah Zaâzaâ que se tissait le noyau, au nord c’est au tour des ouvriers de la cimenterie, au Gharb c’était autour de l’ouvrier agricole Khalil et du jeune Driss Ould Al Kabla, à Marrakech c’était autour du trio: Togui-Hassouni-Aït Ghannou…La nouvelle organisation prenait peu à peu sa forme à partir de mars 1970.
 La cité universitaire, la faculté de lettres, l’EMI étaient les foyers de l’agitation. Devant l’immobilisme du CE de l’UNEM, en coordination avec les jeunes communistes et avec des jeunes révolutionnaires ittihadis, le Comité des résidents et des résidentes transforma la cité en QG de l’agitation estudiantine : affiches murales, tracts, conférences, débats… 
Les jeunes communistes tissèrent des liens avec des militants de la gauche palestinienne de l’Erythrée, de Bahreïn, du Sahara occidental…
A la veille du 4 mai 1970, et à l’occasion de la visite au Maroc du ministre des affaires étrangères de l’Espagne, Lopez Bravo,  le comité des résidents décida d’appeler les étudiants à observer une grève générale et un rassemblement au restaurant universitaire le 4 mai.
Pourquoi le 4 mai ? bien sûr il y avait la visite de Lopez Bravo. Mais le jeune communiste avait en tête le soulèvement des étudiants chinois le 4 mai 1919, soulèvement qui a marqué l’histoire de la Chine, soulèvement qui avaient joué un rôle important dans le fleurissement des idées révolutionnaires qui allaient contribuer à la naissance du parti ,communiste chinois en juillet 1921.
 Le 3 mai, le jeune communiste alla trouver le grand communiste Aziz Belal, qui lui fournit des informations essentiellement économiques sur le Sahara Occidental. Le côté politique, le jeune avait ses idées à lui, idées enrichies par des discussions avec le militant Serfaty qui était au courant du projet, et avec des militants sahraouis qui préparaient déjà le soulèvement d’El Ayoune en juin 1970.
Sans coordination aucune avec le CE de l’UNEM, le comité des résidents et des résidentes annonça le soir du 3 mai l’idée par affiches , tracts…les jeunes communistes, les révolutionnaires ittihadis se mobilisèrent et la grève du 4 mai fut un grand succès. GREVE purement POLITIQUE. Le meeting a eu lieu. Le jeune communiste prit le premier la parole puis céda la place à Lakhsassi qui était là. Personne n’avait parlé de la marocanité du Sahara. Le jeune avait insisté sur le principe de la décolonisation, sur la solidarité avec la résistance sahraouie, et avait dénoncé les tractations/collusion entre les régimes de Franco et de Hassan II et cela aux dépens des intérêts des peuples de la région.
Furieux, Hassan II ordonna l’enrôlement militaire forcé des militants de l’UNEM. La liste préparée par les services du ministère de l’intérieur créa une pagaille indescriptible : un ingénieur, portant le nom de Fakihani, fut arrêté à la place Abdelefettah Fakihani, militant de la Faculté de lettre, un Derkaoui « apolitique » fut arrêté à la place du militant Abdellatif Derkaoui membre du CE, un congolais, membre de l’Association des étudiants de l’INSEA, allait être embarqué…
Des dizaines de militants, qui n’avaient pas le temps de s’enfuir, se retrouvèrent dans les casernes de Bengerir, de Benslimane...
Le jeune communiste trouva refuge chez des amis et parmi ceux-ci Ahmed Akaddaf .
Avec des militants Ittihadis tels Bezzaoui, Moussaoui, et des camarades à lui, le jeune communiste contribua à la création du « Comité exécutif clandestin » de l’UNEM, et aux comités de résistance au sein des établissements universitaires.
 Les étudiants, les lycéens…organisèrent de gigantesques manifestations. Des dizaines d’arrestations. De grands militants et militants émergèrent du mouvement tel Aziz Mnebhi, AfiFa, Nouda, Abdeslam El Mouden, Mohamed Fekkak et des centaines d’autres.
 Les directions de l’UNFP et du PLS demandèrent aux militants d’arrêter le mouvement. Selon les politicards, personne ne serait capable de faire fléchir Hassan II et le général Oufkir. L’institution militaire était (elle l’ est toujours en 2012) au-dessus de la loi. C’est une institution qui fait partie des « sacrés » du pays.
 Le « CE clandestin de l’UNEM » contrecarra en appelant à la résistance active. Le seul mot d’ordre des circonstances était ; LUTTONS POUR LA LIBERATION DES ENRÔLES.
Le CE clandestin de l’UNEM, tira des dizaines de milliers de tracts, et cela grâce aux centaines de limonières vietnamiennes qui avaient fleuri un peu partout. Des comités de région furent constitués. Des milliers d’étudiants furent chargés de rentrer chez eux et distribuer les tracts pour créer l’agitation à travers tout le pays. Quelques jours après, tout le pays fut atteint par l’agitation. Pour le régime, la situation s’aggravait. Le feu s’allumait, la baraque prenait le feu.
Un soir l’armée relâcha les victimes de la répression. Têtes rasées, les libérés furent reçus à la cité universitaire en véritables héros. Ce fut une nuit inoubliable. Le grand militant Belmejdoub, Lakhsassi, et des dizaines d’autres militants retrouvent des milliers de militants de l’UNEM.
Le front antimakhzen, n’a jamais connu de grandes fractures. Au sein de l’UNEM coexistaient démocratiquement les deux courants de l’UNFP, les deux courants marxistes léninistes. Les luttes intestines à l’UNEM ne dépassaient pas des débats « quelque fois houleux » politiques et idéologiques. C’était la force de l’UNEM. Aujourd’hui (2012), il est pratiquement impossible de concevoir une lutte unitaire des composantes de la gauche de l’UNEM. C’est dommage !

lundi 26 février 2018

Le 10 février 2018 : Un rendez-vous exceptionnel avec l'Histoire.

   Le 10 février 2018 : Un rendez-vous exceptionnel avec l'Histoire.

   Ils étaient là par dizaines. Des accolades de camaraderie. Des accolades émouvantes. Des décennies n’ont pas terni des images émouvantes.
Qui sont-ils ?
    Ce sont des anciens prisonniers politiques du mouvement marxiste léniniste marocain. Des solidaires et membres des familles étaient là aussi.
Ils font partie du mouvement révolutionnaire marocain qui a osé affronter le pouvoir du Hassan II, le tyran.
    Des absents ? Il y en a bien sûr. Il y a les défunts, ceux qui ont rejoint « l’autre monde ». Personne ne peut «échapper » à la loi de la nature.  Une minorité s’est absentée pour des raisons personnelles (maladie, engagements familiaux ou autres).
    C’est extraordinaire ! Du jamais vu ! Des militants qui ont partagé des moments difficiles, qui ont bravé la dictature de Hassan II [groupe de 1972, groupe du procès de janvier 1977, groupe de Meknès,  groupe de 1984, groupe de 1985(dit groupe 26)…] se son donné rendez-vous le 10 février 2018. D’abord à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC  de Rabat) pour «Une cérémonie d’hommage au feu François-Della Suda », l’un des fondateurs/animateurs des "comités contre la répression au Maroc". Ce grand ami du peuple marocain et défenseur des causes justes, nous a quittés ces derniers mois.
   Ensuite les anciens vétérans du mouvement révolutionnaire marxiste-léniniste et leurs ami-es, ont dîné ensemble dans le club de l’Institut agronomique (Rabat).
   Il est vrai que les « temps ont changé », que des convictions ont évolué   différemment, mais, MAIS ils restent porteurs des valeurs nobles, des valeurs acquises au cours de engagement commun dans le brasier de la lutte révolutionnaire : clandestinité, enlèvements, centres de torture, prisons,  « procès »…
   Personnellement, j’étais comblé. J’ai fortement serré dans mes bras les présents. Avec, Benaem (on ne s’est pas vu depuis 47 ans), Togui, Hassoune, les larmes ont coulé. Avec Amine, Moussaoui… ces nobles militants ont contribué activement à la création d’ILAL AMAM (30 août 1970). ILAL AMAM, ce cauchemar de Hassan II le tyran. Réécouter le discours du despote du dimanche  22 janvier 1984.
   « L’âme » d’ILAL AMAM se réincarne aujourd’hui dans l’organisation LA VOIE DÉMOCRATIQUE/ANNAHJ ADDIMOCRATI et dans d’autres sensibilités marxistes.
   Les martyr-es étaient présents, aussi bien « matériellement » (photos) que dans les « esprits » de la plupart des prénsent-es : notre attachement aux objectifs pour lesquels ils ont sacrifié leurs vies. Zeroual, Saïda, Jbiha, Tahani …n’étaient absents que physiquement. Comme Abdel Karim Al Khattabi, Ben Barka, Dahkoune, Benjelloune, Doraïdi, Belhouari, Chbada et tant d’autres, ils resteront immortels.
Les « dépenses » des retrouvailles ont été financées par ces sympathiques anciens « taulards » eux-même.
300 dh la personne. 500 dh le couple. J’ai profité de cette réduction ! hhh
La lutte contre le makhzen continue aujourd’hui. Certaines formes ont changé, mais les objectifs stratégiques restent les mêmes.
Merci aux organisateurs. Le militant Seddik Al Harch en tête.
Ali Fkir, l'un des fondateurs d’ILAL AMAM.
Ex prisonnier marxiste-léniniste (1972-1982, puis 1984-1985).

NB : témoignage d’un ex prisonnier.
C’était en 1974 à Tanger
   Un tract d’ILAL AMAM avait circulé dans une usine de Tanger. La police a embarqué les 380 travailleurs. Après torture et interrogatoire, la police a gardé 60, transférés par la suite de Tanger à Casablanca, au centre secret de torture Derb Moulay Cherif. Après des jours de torture, 50 ont été relâchés. 10 sont restés dans le centre secret pour des mois et des mois. 
 Ils font partie des dizaines qui ont été « jugées » en janvier 1977 à Casablanca.
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mercredi 7 février 2018

مصطفى براهمة: وحدة اليسار


وحدة اليسار

مصطفى براهمة، الكاتب  الوطني للنهج الديمقراطي
   يكثر الحديث اليوم من جديد عن وحدة اليسار، وهي ظاهرة صحية، لأنها تطرح إشكالا حقيقيا في ظل ضعف اليسار وتشرذمه وعدم انغراسه في القوى الأساسية للتغيير، الطبقة العاملة وعموم الكادحين، وفي ظل نهوض جماهيري غير مسبوق ابتداء من حركة 20 فبراير التي اعتقد البعض أن جذوتها ستنطفئ بخطاب الملك في 9 مارس2011، في حين استمرت بأشكال مختلفة وفي مختلف المناطق، ببعدها السياسي والاجتماعي إلى أن جاء حراك الريف بعد مقتل السماك الشهيد محسن فكري في 28 اكتوبر2016 ليشعل الريف الأبي ويمتد لهيبه إلى كل مناطق المغرب بما فيها زاكورة. ولم يسعف القمع بالعنف الذي ذكر أهالينا في الريف بانتفاضة 58/59، ولا الاعتقالات التعسفية التي طالت أكثر من 500 ناشط ، ولا الأحكام القاسية التي وصلت حد 20 سنة سجنا، ولا الإعفاءات الأخيرة لعدد من خدام الدولة بما فيهم وزراء، لم تسعف كل هذه الإجراءات في إخماده، لكن النتيجة الساطعة وغير القابلة للجدل وهي إعلان الملك نفسه بفشل النموذج التنموي، بمعنى فشل النظام  السياسي القائم.
  لكن اليسار، كل اليسار، كان دوره في حراك الريف هامشيا، صحيح أنه قام بالدعاية والتعريف ومحاولة التأطير السياسي، من خلال تحاليله وبياناته، لكن انخراطه الفعلي ظل ضعيفا، ناهيك عن الحديث عن قيادته وتأطيره الميداني، وهذا دوره، وإن لم يكن دوره فماذا يكون دوره إذن؟ وما هي ضرورته؟
1/ ضرورة اليسار
   مضى زمن قاد فيه اليسار نضالات الشعوب من أجل التحرر والاشتراكية في روسيا والدول المحيطة بها، كما قاد النضال ضد الأنظمة الديكتاتورية في أمريكا اللاتينية، وقاد النضال التحرري ضد الاستعمار في إفريقيا، ولعبت الأحزاب الشيوعية دورا رائدا في هذا المسار حيث انقسم العالم إلى عالمين العالم الاشتراكي بقيادة الاتحاد السوفياتي والصين الشعبية، ومعسكر رأسمالي بقيادة أمريكا وبريطانيا وفرنسا..بل إن ما سمي ببلدان عدم الانحياز كانت في أغلبها منحازة للمعسكر الشرقي ضد المعسكر الغربي، لكن اليوم تحولت العديد من البلدان الاشتراكية إلى رأسمالية أو رأسمالية دولة، بل تحولت أحزاب قومية وتحررية في العالم العربي والمغاربي وفي إفريقيا عموما إلى أحزاب ديكتاتورية واستبدادية، وذلك تحت الضغط الأمريكي من جهة، وفي ظل الأخطاء الجسيمة التي راكمتها الأحزاب الشيوعية نفسها، وانتهت الثنائية القطبية، وأصبح العالم يسير تحت سيطرة قطب واحد بقيادة امريكا، فهل هذه نهاية التاريخ كما بشر بذلك فوكوياما ؟ قطعا لا ،النظام العالمي يسير في اتجاه تعدد الاقطاب
1/1 السيرورات الموضوعية
    التناقض لا يرحم، بعد أن أظطرت الرأسمالية إلى تحقيق العديد من المكتسبات للطبقة العاملة وللشعوب حتى لا تنحاز إلى المد الثوري من أجل تحقيق الاشتراكية، فأقرت مبدأ العطلة الأسبوعية والعطلة السنوية وتحديد ساعات العمل والحد الأدنى للأجور، والتغطية الصحية والتغطية الاجتماعية أو التعويض عن العطالة وغيرها من المكتسبات الاجتماعية، لكنها اليوم تحت ضغط العولمة الليبرالية ورغبتها في الحفاظ على فائض القيمة مع التنافسية الشديدة تلجأ إلى التراجع المطرد عن تلك المكتسبات، بالضغط على الأجور والتكاليف الاجتماعية في اتجاه تخفيضها مما أعاد الوهج إلى الحركة النقابية وإلى أحزاب اليسار التي عادة ما تقود النضالات المريرة للتصدي لهجوم الليبرالية المتوحشة.
    وكان لهذا النهوض الجديد لنضال الطبقة العاملة والشعوب بصفة عامة اثر كبير على الحقل السياسي حيث بدأ التصدع يصيب تدبير النظام الرأسمالي بالتناوب بين الأحزاب الليبرالية والأحزاب الديمقراطية الاجتماعية، اللذين فشلا كليهما، وهو ما أدى إلى بروز النزعة اليمينية والفاشية من جهة، المتجهة إلى الانكفاء والانغلاق على الداة والعداء ضد الأجانب باعتبارهم في نظرهم يسلبوهم فرص العمل، وهي ظاهرة تبرز عادة في ظل أزمات الرأسمالية، كما حصل في ألمانيا مع الحزب النازي، وأدى أيضا وهذا هو الأهم إلى بروز تنظيمات يسارية حقيقية كبديل لأحزاب الديمقراطية الاجتماعية وصلت إلى الحكم كما حصل في اليونان واسبانيا، وبالتالي بدأ يعود تدريجيا إلى أدواره في مواجهة الليبرالية المتوحشة، بل إن الدول الوطنية التي نشأت في كنف الرأسمالية وتعززت بدولة الرفاه أصبحت اليوم في ظل الأزمة التي ضربت النظام الرأسمالي منذ 2008 وفي ظل الرغبة في الإفلات منها ،بدأت تتصدع، بل إن المناطق ذات الخصوصية والتي حصلت على الحكم الذاتي بدأت تدعو إلى الانفصال كما حصل في كطالونيا واسكتلندا، أو تبحث عن توسيع الحكم الذاتي كما في شمال إيطاليا، ولاشك أن العدوى ستستقطب شعوبا طالما طالبت بانفصالها مثل الباسك في إسبانيا وايرلندا في بريطانيا وكورسيكا في فرنسا وغيرها.
     وفي ظل هذه التحولات وفي ظل الزخم النضالي التي تعرفه الدول الرأسمالية وفي ظل الفرز الذي يعرفه اليسار بين القوى الديمقراطية  الاجتماعية التي تخلت عن موقعها ضمن اليسار والقوى اليسارية الحقيقية منها الأحزاب الشيوعية والاشتراكية، فإن اليسار حاضر بقوة ويتقوى ويعود إلى الواجهة، واجهة النضال والمقاومة من أجل الاشتراكية وهو ما يفرض عليه أيضا الإجابة عن ّإخفاقات التجارب السابقة للاشتراكية وبلورة نموذج قابل للعيش والاستمرار، نموذج للاشتراكية قادرة على الحياة تحت نيران العدو الرأسمالي والامبريالي.
2/1التمثيل الطبقي
إن السر في ضرورة واستمرارية وحضور اليسار يكمن في ضرورة ثمتيله الطبقي
ا/ الطبقة العاملة
   لقد تمركزت أطروحات التغيير الثوري والثورة الاشتراكية على الخصوص على ضرورة قيادة حزب الطبقة العاملة باعتبارها الطبقة القادرة على تحرير نفسها وتحرير المجتمع والمضي قدما في بناء الاشتراكية ،وفي البلدان التابعة التي فيها عدد الطبقة العاملة فيها ضعيف بفعل ضعف البنية الصناعية والفلاحة العصرية، كانت هناك اجتهادات تقضي بتوسيع مفهوم الطبقة العاملة لعموم الكادحين نظرا لتوفرهم على خصائص مقاربة لخصائص الطبقة العاملة، ووجودهم في نفس الخندق في مواجهة البورجوازية. هكذا عرفت جل بلدان العالم منذ الثورة الاشتراكية العظيمة في روسيا سنة 2017 تأسيس العديد من الأحزاب والتنظيمات الشيوعية والأحزاب الاشتراكية، كانت كلها تشدد على تمثيل الطبقة العاملة أو الطبقة العاملة وعموم الكادحين كضرورة لا مناص منها لقيادة الحرب الطبقية التي تقودها الطبقة العاملة من أجل هزم البورجوازية وبناء النظام الاشتراكي.
ب/ البورجوازية الصغرى
  تعتبر البورجوازية الصغرى، بل حتى فئات من البورجوازية المتوسطة حلفاء للطبقة العاملة في التغيير الثوري، لذلك أسست أحزابا وتنظيمات راديكالية، سواء في المركز في الدول الامبريالية وتحالفت مع الأحزاب الشيوعية ،أو في المحيط في البلدان التابعة وقادت حركات التحرر الوطني بتحالف مع البورجوازية الوطنية ، لذلك اصطفت هذه التنظيمات ضمن اليسار وعززت صفوفه وتحالفت مع القوى الاشتراكية وقادت وتقود النضال ضد الأنظمة الديكتاتورية من أجل التحرر من التبعية السياسية والاقتصادية ومن أجل التقدم والاشتراكية.
2/ ضرورة وحدة اليسار في المغرب
1.2 مفهوم النضال الديمقراطي
      برز مفهوم النضال الديمقراطي في منتصف السبعينيات بعد فشل تغيير النظام سواء من خلال النضال المؤسساتي مما أدى إلى إعلان الملك حالة الاستثناء وحل البرلمان، أو المحاولتين الانقلابيتين العسكريتين في سنتي 1971 و1972، أومن خلال الحركة الثورية في 3 مارس 1973. وكانت سنة 1975 سنة التقاء إرادتين، إرادة النظام بالانفتاح على القوى السياسية بعد المحاولتين الانقلابيتين وبروز مسألة الصحراء ورغبته في بناء ما سمي بالإجماع الوطني حولها، لذلك لجأ إلى ما سماه ''المسلسل الديمقراطي''، الذي كان الغرض منه احتواء المعارضة الثورية المسلحة آنذاك وعزل الحركة الماركسية اللينينية، ومن جهة أخرى إرادة الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية الذي عرف فرزا داخله بين القوى الثورية والقوى الإصلاحية ،كرسه التقرير الإيديولوجي والسياسي للمؤتمر الاستثنائي وشعار تحقيق الديمقراطية بالديمقراطية والتخلي عن إستراتيجية قلب النظام، وسارت منظمة العمل الديمقراطي الشعبي في نفس الاتجاه بعد تبنيها موقف مغربية الصحراء وتخليها عن النضال الثوري السري.
في نهاية السبعينيات ومع دخول إلى الأمام في عملية إعادة البناء سنة 1979  انتقدت المفهوم الذي أعطاه الاتحاد الاشتراكي والتقدم والاشتراكية ومنظمة العمل للنضال الديمقراطي كأفق واستراتيجية ،ودون التخلي عن أهدافها الثورية ولا عن النضال السري تبنت مفهوم النضال الديمقراطي الجماهيري ذي الأفق الثوري، أي تبنت النضال الديمقراطي كتاكيتك ، وربطته بالنضال الجماهيري وليس المؤسسات وبالأفق الثوري وليس الإصلاحي ،باعتبار أن تحقيق مكتسبات ديمقراطية بالنضال الجماهيري سيجعل الجماهير تعي قدراتها النضالية، وتطالب بمكتسبات أرقى، وحينما يعجز النظام عن تحقيقها، بفرض التغيير الثوري نفسه.
واليوم اندمجت القوى الديمقراطية الاجتماعية في بنية النظام السياسي ألمخزني وتخلت عن النضال الديمقراطي ويبقى على اليسار اليوم أن يرفع لواء النضال الديمقراطي.
 2.2- قيادة النضال الديمقراطي
     في الوقت الذي انحصر فيه النضال الجماهيري المنظم داخل النقابات واستمر النضال في إطارات جمعوية مدنية بشكل نخبوي، يعرف النضال الجماهيري العفوي وشبه العفوي تصاعدا مضطردا، وبرزت العديد من  الحركات الاجتماعية التي تؤطره، والعديد من التنسيقيات والإشكال التنظيمية الأفقية التي تخترق جل النقابات للدفاع عن القضية الواحدة. وسجلت هذه التطورات تخلف النقابات عن النضالات الجماهيرية، فبعد أن كانت انتفاضة 20 يونيو 1981 بالبيضاء مصاحبة للإضراب العام عن غلاء المعيشة الذي دعت إليه الكنفدرالية الديمقراطية للشغل وكانت انتفاضة 14 دجنبر 1990 بفاس مصاحبة للإضراب العام الذي دعت إليه كل من الكنفدرالية الديمقراطية للشغل والاتحاد العام للشغالين، لم تنخرط النقابات في أي من الهبات الجماهيرية التي عرفها المغرب مؤخرا منذ حركة 20 فبراير إلى حراك الريف وزاكورة. وإذا كانت القوى السياسية الديمقراطية  الحية قد انخرطت في حركة 20 فبراير فإنها ظلت بعيدة عن حراك الريف، ولم ترتبط به إلا من باب الموقف المساند أو من الباب الحقوقي بتوفير المحامين ومساندة عائلات المعتقلين السياسيين، لذلك فالنضال الجماهيري بحاجة إلى قيادة سياسية تساهم في رفع الالتباسات التي تعتريه ،ومحاولات اختراقه والركوب عليه لأغراض سياسيوية، وإعطائه أفقا رحبا وإدراجه ضمن النضال الديمقراطي العام للشعب المغربي من أجل التحرر والديمقراطية.
       وهذه المهمة تتطلب وحدة اليسار، لكنها تتطلب من اليسار الانخراط في النضالات الجماهيرية العفوية للشعب المغربي والمساهمة في تنظيمها وتأطيرها مع الحفاظ على استقلاليتها، وبناء التنظيمات الذاتية المستقلة للجماهير للدفاع عن قضاياها دون النيابة عنها، وتنظيمها في المدن والقرى للدفاع عن الشأن المحلي وبلورة برامج مطلبيه محلية، والنضال من أجلها والتفاوض عليها سواء مع الإدارة الترابية( الوالي، العامل والباشا أو القايد)، أو مع الإدارة المنتخبة ( رئيس الجهة أو رئيس المجلس الاقليمي أورئيس الجماعة).
إن نفور مناضلي الحركات الاحتجاجية الجماهيرية من الأحزاب ونعتها بالدكاكين السياسية طبيعي بالنسبة للأحزاب المندمجة في بنية المخزن، لكننا كأحزاب اليسار يجب أن نسعى متواضعين إلى الارتباط بهذه الحركات، كأفراد ثم كأحزاب لدعمها والمساهمة في تأطير نضالاتها.
3.2  من هو اليسار اليوم في المغرب
   بعد اندماج الأحزاب الديمقراطية الاجتماعية: حزب التقدم والاشتراكية والاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية في بنية النظام ألمخزني والتخلي عن النضال الديمقراطي، والنزوع إلى المشاركة في الحكومات المخزنية، بالطبع الحديث هنا عن الخط السياسي والاتجاهات المتنفذة، هذا لا يعني أن الاتحاد الاشتراكي لا يزخر بالمناضلين الديمقراطيين وكذلك التقدم والاشتراكية والذي غالبا ما غادروا الحزب وأنشئوا تكتلات حزبية ولا زالوا يقاومون الاتجاهات الانحدارية نحو المخزن، بعد هذه التحولات التي عرفها الحقل الحزبي المغربي،  يمكن اختزال اليسار اليوم في النهج الديمقراطي مع المجموعات اليسارية لينينية وتروتسكية وماوية، وفدرالية اليسار الديمقراطي مع المجموعات الأخرى: اليسار المتعدد، الخيار اليساري الديمقراطي، وأكيد أن توحيد كل من النهج الديمقراطي وفيدرالية اليسار الديمقراطي سيفتح الأفاق أمام انخراط مختلف هذه المجموعات وربما أيضا بالنسبة للديمقراطيين المنسحبين من الاتحاد الاشتراكي والتقدم والاشتراكية.
4.2- ما هو شكل الوحدة وكيف يمكن بناؤها
   بالنظر للاختلافات الإيديولوجية والسياسية القائمة بين النهج والفيدرالية، فإن أحسن صيغة للوحدة هي التحالف، التحالف السياسي على برنامج حد أدنى، برنامج ديمقراطي استراتيجي سيروم إعطاء بديل للنظام ألمخزني، جوهره التحرر والديمقراطية، التحرر من التبعية الاقتصادية والسياسية الامبريالية العالمية والفرنسية بالخصوص، وبناء نظام ديمقراطي عصري يضع حدا للاستبداد في السياسة والريع في الاقتصاد،وينهض بالمجال الاجتماعي، ويفصل بين الدين والسياسة في الحياة العامة . هذا البرنامج من شأنه أن يعطي أملا للشعب المغربي ولشبابه في غد أفضل ويكون مرجعا ومؤ طرا لمختلف مطالبه ونضالا ته.
وعلى أساس هذا البرنامج الاستراتيجي يمكن بلورة برامج ديمقراطية لحظية تركز في كل فترة من الفترات على القضايا الأكثر أهمية وراهنيه بالنسبة للشعب المغربي في الحرية: الحريات الديمقراطية، وفي السياسة: الحقوق السياسية الديمقراطية وفصل الدين عن السياسة وفي الاقتصاد القطع مع اقتصاد الريع، وفصل السياسة عن الثروة ،وعلى المستوى الاجتماعي مجانية جودة التعليم من حيث البرامج والمناهج وشروط التحصيل،وفي الصحية: التغطية الصحية للجميع ،وفي السكن: سكن لائق للجميع، وفي الشغل: الشغل للجميع والتعويض عن العطالة ،وتقاعد للجميع ضامن لكرامة .
    إن هذا التحالف يجب بناؤه على رجلين: الأولى في الساحة في مختلف الضالات الجماهيرية وفي مختلف الأنشطة السياسية، وفي مختلف الحركات الاجتماعية والحركات الاحتجاجية وفي مختلف التنظيمات الذاتية المرتبطة بالشأن المحلي ،وفي مختلف المنظمات الجماهيرية النقابية والحقوقية والمدنية، وفي مختلف القطاعات الحزبية: الشبابية والنسائية ،وهذه المناحي قائمة اليوم ويجب تطويرها وتوسيعها.
أما الرجل الثانية فيمكن فتح نقاش من أجل بلورة أرضية للتحالف،أساسها برنامج سياسي وأشكال تنظيمية وهيئات قيادية ملائمة وطنية .وجهوية ومحلية وقطاعية ،وهيئات للتنسيق على مستوى المنظمات الجماهيرية: نقابية، حقوقية ومدنية.
5.2- كيفية التعامل مع القضايا الخلافية
ا/ الملكية البرلمانية:
    تبنت فدرالية اليسار الديمقراطي شعار الملكية البرلمانية كسقف سياسي للمطالب الدستورية في ما يخص شكل النظام، على اعتبار أنها تحل التناقض بين الملكية التنفيذية والمسؤولية، لذلك تبنت نظاما يسود فيه الملك ولا يحكم ،أي أن لا يكون مسؤولا وقابلا للمحاسبة، هذا في حين يركز النهج الديمقراطي على الديمقراطية كجوهر دون تحديد طبيعة وشكل النظام الذي يطمح إليه باعتبار أن هذه القضية يجب أن تكون من القضايا التي يكون فيها الاختيار للشعب ،من خلال الدستور الذي يبلوره المجلس التأسيسي والذي يجب أن يكون محط توافق بين القوى الديمقراطية والقوى الحية ،السياسية والاقتصادية والاجتماعية.
ويمكن في هذا الباب تبني موقف الديمقراطية من طرف التحالف على إن يستمر كل طرف الاحتفاظ بموقفه والإعلان عنه والدفاع عنه، وفتح النقاش للتوافق في المستقبل حول موقف موحد.
ب/ الانتخابات
  لم يشكل الموقف من الانتخابات أي عائق أمام تجمع اليسار الديمقراطي، حيث مارس المشاركون موقفهم ومارس المقاطعون موقفهم وانتهى الأمر. وفي الحقيقة سواء المشاركة أو المقاطعة ،الكل يقر بأنها قضايا تكتيكية يحدد الموقف منها الشروط التي تمر فيها،وعلى كل يجب أن يأتي لتتوج مسار نضالي حول قضايا الشعب ،بالارتباط بقضاياه وتأطير نضالاته، ويأتي الموقف كتتويج لحركية نضالية. والسؤال الذي يجب طرحه إبان مثل هذه الاستحقاقات هو: هل ستقدم هذه الانتخابات نضال الشعب المغربي من اجل التحرر والديمقراطية
ج/ قضية الصحراء
     يبدو اليوم أن الكل قابل بموقف الأمم المتحدة: ''حل سياسي سلمي متفاوض عليه تحت إشراف الأمم المتحدة''، ويمكن أن يكون هذا الموقف موقفا حد أدنى، يمكن إضافة إليه مسألة الدفاع عن قضية الصحراء حتى تصبح شأنا عاما، ويبقى لكل طرف في إطار تنظيمه حق التعبير عن تصوره ، علما بأن مسألة الصحراء لم تكن يوما عائقا أمام الانتظام في إطار تجمع اليسار الديمقراطي.
د/القوى الأصولية
    ينطلق موقف فيدرالية اليسار أو توجهه العام من أن الصراع اليوم هو ضد أصوليتين، المخزنية والإسلامية، في حين نعتبر في النهج الديمقراطي أن الصراع الرئيسي هو مع النظام ألمخزني، فهو الذي يمتلك السلطة وأدوات السيطرة الإيديولوجية والسياسية والنظامية: الجيش والشرطة.
  أما الحركة الأصولية فيجب التمييز فيها بين الاتجاهات الايديولوجية والسياسية الرجعية التي يجب مناهضتها، والاتجاهات لنقل الديمقراطية، الحركة من أجل الأمة وبما  البديل الحضاري الذي يمكن للتحالف الديمقراطي أن ينظر في أي مستوى يمكن التحالف معها ، في الجبهة الديمقراطية أم في مستوى أوسع: الجبهة الميدانية، و جماعة العدل والإحسان التي تتبنى اليوم الديمقراطية في إطار اللقاءات التي تنظمها ويمكن اليوم التعامل معها على مستويين ببناء الجبهة الميدانية لتاطير نضالات الجماهير، وفتح نقاش عمومي لاستجلاء تصوراتها والبحث معها على نقط الالتقاء والاستمرار في نقاش نقط الاختلاف
خلاصة
يمكن القول إن وحدة اليسار ضرورة موضوعية وتاريخية لقيادة النضال الديمقراطي للشعب المغربي من أجل التحرر والديمقراطية، ويشكل تحالف النهج الديمقراطي مع فيدرالية اليسار الديمقراطي الحلقة المركزية لبناء الجبهة الديمقراطية، بعد الفرز الذي عرفه الحقل السياسي والحزبي اليوم.
هذه الجبهة الديمقراطية يجب أن تعمل على تأسيس جبهة أوسع وأعرض مناهضة للنظام ألمخزني وتستهدف عزله والتخلص منه.
هذه التراتبية ليست زمنية يمكن لمساري بناء الجبهة الديمقراطية والجبهة الميدانية أن يسيران بشكل متزامن.
الوضع اليوم: نهوض جماهيري غير مسبوق، وفرز سياسي غير مسبوق وفشل ذريع للمشروع المخزني يجعلان اللحظة لحظة اليسار بامتياز، فهل سيكون في الموعد؟

dimanche 4 février 2018

Au-delà des frontières

Au-delà des frontières

A Tours, cette ancienne capitale seigneuriale, je vois surgir de bons souvenirs. Souvenirs qui remontent à l’âge où chaque individu est à la recherche de la «vérité». A la recherche des réponses aux questions qui le harcèlent de tous les côtés. La vie du lycéen marque pour toujours plusieurs d’entre nous.
- « Le congrès de Tours», décembre 1920 qui avait vu la naissance de la section française de l’internationale communiste (SFIC)
- François Rabelais. Qui ne se rappelle pas de «Gargantua » ?
- Honoré Balzac et sa «la comédie humaine» qui regroupe plus de 90 de ses meilleures œuvres. La «polémique» relative au « naturalisme » d’Emile Zola face au «réalisme critique» de « Balzac », sans oublier le « réalisme socialiste » de Gorki, Chelokhov…C’était l’épanouissement intellectuel dans les lycées au lendemain du soulèvement de mars 1965. La bibliothèque était garnie de livres. Les internes, avides de connaissance, se bousculaient pour emprunter à lire…
« C'était le temps des fleurs
On ignorait la peur
Les lendemains avaient un goût de miel
… » avait chanté Dalida.
J’ajoute : «C’était le temps où la jeunesse combattit l’ignorance sous toutes ses formes…»
- Les châteaux médiévaux
- Le très riche musée de Balzac
- Les fleuves de La Loire, du Cher…
- Les caves, les fromageries, les vanneries, le vignoble…
- Les noms des grandes places : jean Jaurès, la liberté…
- Les grands espaces verts, la pureté de l’air…
Bien voir tout cela, pour savourer ces délices, pour apprendre, il vous faut des connaisseurs et des connaisseuses de la région.
 Nos ami-e Y. et MC étaient là. Le couple est de la région et en plus amoureux du Maroc, amoureux du peuple marocain.
Avec eux, pas de répit. Pas de ville. La destination reste la campagne, les petites villes, les petits restaurants du coin. Lorsqu’ils viennent au Maroc, ils évitent les espaces luxueux. Ils adorent bouffer dans les souks de la campagne. Ils visitent les coins que les «intello » marocains ignorent. Combien de marocains ont été aux mines d’Aouli (midelt)…? Ils adorent «explorer» les coins les plus reculés du bled.
Ils contribuent à la gestion d’un centre d’accueil d’émigrés. Les victimes des guerres, de la misère…qui passent dans le coin.., sont pris en charge. Nourris et logés en attendant la régularisation de leur situation. La seule condition : pas d’alcool, pas de drogue dans le centre. Des volontaires locaux veillent à ce que ces victimes ne manquent de rien. En ce moment, on y trouve une dizaine de « passagers » (afghans, érythréens, un marocain…).
Nos amis sont animés de valeurs humaines. Ils ne font partie d’aucun courant politique. Des véritables laïcs. Le respect des croyances des autres reste leur principe credo.
                                 janvier 2018
Ali Fkir, communiste marocain,
   respectueux des convictions de ses amis français. 

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