jeudi 28 juillet 2016

La SAMIR et la descente aux enfers (en fr)

La SAMIR et la descente aux enfers

Mohammedia: "le Front Local du suivi de la crise de SAMIR" appelle tous les marocain-es libres à exprimer leur solidarité avec les travailleurs de SAMIR et ce, en participant effectivement au sit in du 5 août 2016 (17h) décidé par le front syndical de la dite société.
Rappel:
- La SAMIR a été créée par le premier et dernier gouvernement nationaliste (4 décembre 1958, 21 mai 1960).
- La SAMIR, l'unique raffinerie nationale a pu répondre amplement aux besoins du Maroc en carburants...
- 1996/1997 le régime de Hassan II cède dans des conditions politiques anti-nationales, ant-économiques ce bijou national à des prédateurs saoudiens.
- Le prédateur capitaliste désinvestit (fuite des bénéfices, s'endette..). L'Etat ferme les yeux, les services de douane encouragent l'évasion fiscale, les banques marocaines accordent au prédateur des crédits en milliards de dh...Le patron saoudien profite des relations entre les deux pays pour "sucer" plus.
- En 2015, les dettes cumulées approchent les 45 milliards de dirhams. Le prédateur demande plus, et pour des raisons inconnues, les "victimes" (victimes???hhh) refusent de se laisser dépouiller davantage.
- Le 5 août 2015, la patron fait grève. Il arrête l'activité de la société.
- Août 2015: formation du "Front syndical" par les travailleurs de la SAMIR et le "Front local du suivi de la crise de SAMIR" par des forces politiques et associatives.
- En 12 mois: les solidaires ont entrepris plusieurs initiatives militantes, organisé plusieurs actions: marches populaires, meeting, conférences, sit in... se sont adressés aux concernés directs et indirects: le chef du gouvernement et les ministres concernés déclarent être dépassés par le problème. Tout le monde fait le geste vers le haut. ce n'est pas vers Dieu, mais vers le Palais.
- Les tribunaux décident la liquidation pure et simple de la SAMIR (mars 2015 et juin 2016), tout en décidant la continuité de l'activité de la société (pour 3 mois en mars, et pour 6 mois en juin 2016). Un syndic a été désigné pour veiller sur le bon déroulement du processus...
- Jusqu'à la réunion du Front local (le 27 juillet 2016), la SAMIR n'a pas repris son activité de raffinage. Les travailleurs sont là, prêts à faire démarrer les machines... techniquement, et humainement, la SAMIR est prête à redémarrer. Mais le brut fait défaut. L'Etat ne fait pas le geste ce qui démontre sa mauvaise volonté. L'Etat envisagerait la liquidation définitive de la raffinerie, surtout que les importateurs/distributeurs (Ifriqia marocain, Total française, Shell anglaise...) se frottent les mains: leur bénéfice dépasse les 2,5dh par litre de carburant vendu, alors qu'il se situait entre 0,40 et 0,60 dh (estimations) avant l'arrêt de l'activité de la SAMIR. Les marocain-es paient les pots cassés.
- Ces derniers mois, les travailleurs de la SAMIR ont vu s'envoler des composantes essentielles de leurs rémunérations ( diverses primes, diverses indemnité, couverture médicale...). La rémunération va se réduire au salaire de base. Véritable salaire de misère.
- L'Etat compte sur l'affaiblissement du mouvement de résistance, sur le découragement des salariés, sur la démission des solidaires et ce, pour raser la SAMIR de la carte de la région, surtout que les prédateurs fonciers attendent avec impatience le démantèlement des installations pour s'emparer des centaines d'hectares. Ce sera la ruée vers...des terrains qui valent de l'or.
La solidarité nous interpelle
Mohammedia le 28 août 2016
Ali Fkir, membre du Front Local


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