mercredi 7 octobre 2015

نسبة % 44,39 تساءلنا

نسبة 44,39%  تساءلنا
  جرت يوم الجمعة 2 أكتوبر 2015 "انتخاب" أعضاء مجلس المستشارين/الغرفة الثانية، و أعطت ما أريد منها. و قد اكتفى "المحللون" بإبراز حصة كل حزب من الكعكة، كما فعلوا غداة انتخابات 4 شتنبر 2015، متناسين أن "الانتخابات" في المغرب موجهة، هدفها الأساسي هو خدمة أجندة النظام المرحلية. مرحلة ما بعد وفاة الحسن الثاني تطلبت "فوز" الاتحاد الاشتراكي لقيادة سفينة الحكومة نحو الجهة التي حددها أهل القرار. في سنة 2011 ، و لإضعاف حركة 20 فبراير، و ركوب موجة "الزحف الإسلامي" في العالم العربي، كان من الضروري اختيار حزب العدالة و التنمية الاسلاموي لقيادة نفس السفينة نحو الوجهة المحددة من طرف نفس المقررين.
    إن نتائج مختلف "انتخابات" 2015 لا تخرج عن نفس المنطق، مما يفسر في حد كبير مقاطعة الشعب المغربي لهذه المهازل.
     يمكن تركيز الملاحظات حول انتخابات 2 أكتوبر 2015 في النقط الآتية:
1-    بالنسبة ل"انتخاب"مستشاري الجماعات، و الجهات، و الغرف المهنية، و الباطرونا، فقد قاربت مشاركة "الناخبين الكبار" 90%
2-    بالنسبة "لمستشاري" المأجورين (النقابات "العمالية". العمالية؟هههه)، فان نسبة المشاركة لم تتعد  44,39% )حسب المعطيات الرسمية (.
·         ينتمي جل "الناخبين الكبار" للنقابات، مما يعني أن المشاركة قد تقارب نظريا نسبة 100% في حالة الانضباط.
·        حسب نتائج  انتخابات مناديب العمال، و أعضاء اللجان الثنائية... التي جرت في الشهور السابقة، فان توقعات "انتخابات" 2 أكتوبر كانت ستعطي:
-الاتحاد المغربي للشغل 8 أو 9 مقعد
-الكنفدرالية الديمقراطية للشغل 6 او 7 مقعد
-نقابة العدالة و التنمية (اوم ش) 1 أو 2 مقاعد
·        نتائج "انتخابات" 2 أكتوبر 2015
-الاتحاد المغربي للشغل 6 مقاعد
-الكنفدرالية الديمقراطية للشغل 4 مقعد
-نقابة العدالة و التنمية 4 مقاعد
·        الخاسرتان: نقاباتا الاتحاد المغربي للشغل و الكنفدرالية الديمقراطية للشغل
·        الرابحة: نقابة العدالة و التنمية
·       كيف يمكن تفسير ذلك؟
  بعض الأجوبة، و هي لا ترتكز على معطيات مرقمة دقيقة نظرا لانعدام الشفافية لدى مختلف مصالح الدولة المعنية بذلك، و لدى كل النقابات.
-مقاطعة  55,61% من "الناخبين الكبار" لعملية "الانتخاب".
-المقاطعة شملت بالأساس الاتحاد المغربي للشغل و الكنفدرالية الديمقراطية للشغل. شملت هذه المقاطعة المتعاطفين مع النهج الديمقراطي، وخصوصا المئات من الغاضبين نتيجة عملية التلاعب التي حصلت في لوائح العشرين(20) المرشحين.
-انضباط أعضاء نقابة العدالة و التنمية و دعمهم من طرف متعاطفي جماعة العدل و الإحسان المحسوبين نظريا على الاتحاد المغربي للشغل و الكنفدرالية الديمقراطية للشغل، لكن فضلوا التصويت لصالح إخوانهم "الإسلاميين" في آخر مرحلة من المسلسل الانتخابي الفاسد أصلا و ذلك رغم انتمائهم لنقابات أخرى.  
على فقير، 7 أكتوبر 2015

samedi 3 octobre 2015

Brahma et "Bouger sur commande"

Réflexion matinale (3 octobre 2015)
"Bouger sur commande"
   Le secrétaire national d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, le camarade Mustapha Brahma vient de jeter un pavé dans la marre politique marocaine. Comment ?
1 - En présentant la "mobilisation" de certaines forces politiques comme "un mouvement sur commande": "elles bougent sur commande" (التحرك تحت الطلب  (a dit Brahma..
   Effectivement, l'Histoire contemporaine du pays nous apprend que dans les "grands dossiers", l'initiative revient au palais et au palais seul. Les forces politiques monarchistes se mettent alors au pas à la militaire et ce, au nom de "l'unité nationale".
Ces forces politiques se comportent alors comme :
- Des réservistes : elles rejoignent les casernes pour reprendre les armes
- Des sapeurs-pompiers pour sauver la baraque de la diplomatie du makhzen et ce, chaque fois qu’elle prend feu.
- Une cale qui tente de freiner la locomotive de la lutte des classes. La « paix sociale » en vue de renforcer le « front interne », redevient alors le credo politique des chauvins.
2 - Le camarade Brahma a rappelé la position d'ANNAHJ ADDIMOCRATI :
la solution du conflit du Sahara passe par :
- L'application des résolutions de l'ONU
- Les négociations entre l'Etat marocain et le Front Polisario.
3 - ANNAHJ ADDIMOCRATI n'a pas été "convoqué" par le chef du gouvernement pour assister à sa rencontre avec les partis politiques, et même s'il le fait, ANNAHJ défendrait sa propre position et non la position de l'Etat marocain. Contrairement aux allégations de certains, il s'agit bien d'une convocation et non d'une invitation.
Rappelons :
- Que la MINURSO stationnée au Sahara signifie exactement :
Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental.
Si vous cherchez dans les sites des nations unies vous trouvez ce-ci:
"A la suite d´un accord auquel sont parvenus le gouvernement du Maroc et le Front POLISARIO, la MINURSO a été établie et déployée en septembre 1991 afin de surveiller le cessez-le-feu et d´organiser un référendum qui permettrait aux habitants du Sahara occidental, habilités à voter, de décider du statut futur de ce territoire.

Le plan de règlement, tel qu'approuvé par le Conseil de sécurité, a prévu une période transitoire pour la préparation d'un référendum à l'occasion duquel le peuple du Sahara occidental choisirait entre l'indépendance et l'intégration au Maroc.

Le Représentant spécial du Secrétaire général prend la responsabilité unique et exclusive des questions relatives au référendum et est assisté dans sa tâche par du personnel policier, militaire et civil."
- Qu'ANNAHJ ADDIMOCRATI ne prône ni l'indépendance ni l'intégration. Il suffit de respecter le libre choix des sahraouis. C'est une question de principe.
- Qu’ANNAHJ ADDIMOCRATI est très préoccupé par l'énorme coût économique et social de ce conflit, le dit coût ne fait qu'empirer la précarité dont souffrent les masses populaires marocaines.
Ce conflit ne profite :
* financièrement qu'aux généraux marocains et algériens, et aux notables "sahraouis", véritables relais du makhzen.
* Politiquement qu'au régime. Une carte qu'il sait utiliser chaque fois qu'il se trouve en difficultés face aux revendications légitimes du peuple marocain.
* Politiquement et syndicalement aux forces d'opposition qui se dérobent devant leurs responsabilités en se cachant derrière la "cause nationale", justifiant ainsi leur collaboration de classes face au mouvement pour le changement radical. Les médias officiels et inféodés se mobilisent alors pour présenter en grande pompe de nouvelles personnalités d’opposition, ciblées pour rejoindre par la suite le « harem » du makhzen.
   C’est la politique de récupération, politique héritée de Hassan II le tyran. La "harka" du makhzen a toujours fait le bonheur de quelques individus et le malheur des masses populaires. La baraka ne profite qu'aux "éluEs" à rejoindre le bercail.

Ali Fkir, le 3 octobre 2015

vendredi 2 octobre 2015

L'enseigenement: les larmes de crocodile

Réflexion matinale
L'enseignement: les larmes de crocodile
  
   En moyenne, après chaque décennie, l’Etat initie un « débat », un débat sans lendemain, sur l’état de l’enseignement. Aucun remède sérieux n’est proposé. C’est une occasion pour les décideurs de « noyer » leur responsabilité, de brouiller les cartes, de détourner les yeux des marocain-es de la véritable origine du mal, c’est aussi l’occasion de recruter (politiquement et idéologiquement) de nouveaux « intellectuels » et autres politicards qui n’attendent que l’occasion pour échanger leur « savoir-faire » ( ???!!!) contre la « baraka » et autres largesses des milieux makhzeniens.
   Les larmes de crocodile versés par certains, larmes « provoqués » par l’agonie de l’enseignement cache les sentiments réels. La vérité est ailleurs. Les richards du pays, ceux qui constituent les classes dominantes, les "véhiculeurs" (pardon Molière!) de l’obscurantisme, les décideurs se frottent les mains. Tous sont satisfaits de l’état de l’enseignement.
   Leurs enfants n’ont rien avoir avec « l’école publique » qu’on pleure. La continuité de la domination et la tyrannie est assurée par la progéniture qui se « forme» aisément dans les meilleures écoles étrangères. Pour les obscurantistes, « analphabétisme » (au sens large du terme) constitue une terre fertile pour semer les grains de l’intolérance et de la terreur (à tous les sens du terme).  
    La bourgeoisie « éclairée » et les franges de l’obscurantisme se retrouvent main dans la main dans ce domaine. Le makhzen se la coule douce à Rabat, puisqu’il se présente comme « réformateur » de l’enseignement, tout en remerciant Dieu qui l’a doté de cette « armée » de prometteurs d’une « peuplade inculte ».
     « L’éducation nationale » a comme premier objectif la promotion de la devise « Dieu, Patrie, Roi », et donc façonner un sujet type à capacité de réflexion presque nulle.  
   Laissons de côté « l’éducation nationale » telle voulue par les décideurs et revenons  ‘à l’enseignement tel que nous la concevons nous autres. Je m’arrête sur le primaire, la base de toute réforme sérieuse.
 Qu’attendent les familles de l’école « primaire » ?
Que leurs chérubins :
-       Sachent lire
-       Sachent écrire
-       Sachent calculer
-       Soient sensibilisés sur l’environnement (la faune, la flore…)
-       S’ouvrent sur des activités artistiques
   Toute autre matière ne peut que constituer un obstacle à     l'épanouissement des enfants.
L’éducation (religieuse, nationale..) est du domaine familial. Qui apprend aux enfants à marcher, à parler, à manger « correctement », à faire proprement leurs besoins…sinon la famille en général et la maman en particulier ?
    L’enseignement doit dispenser la connaissance en général, la science en particulier. Il doit cultiver l’esprit critique. Son objectif premier est l'épanouissement de l’humain dans un environnement démocratique, dans un environnement sain.
   Peut-on rêver de cet enseignement dans une société sclérosée, société verrouillée, société « animée » par la devise « Dieu, Patrie, Roi », devise qui ne fait allusion qu’à l’aveugle soumission ? Certainement pas.
    L’enseignement fait partie d’un TOUT. 
« Réformer » l’enseignement, revient à RÉVOLUTIONNER LE TOUT .
                Ali Fkir, le 2 octobre 2015

jeudi 1 octobre 2015

Réflexion matinale: france 24 "face à face" du 30 septembre 2015

Réflexion matinale
J'ai suivi avec beaucoup d'attention le "face à face" organisé le 30 septembre par france24 (en arabe). Le "débat" a opposé  Fouad Abdelmoumni, l’infatigable militant associatif..., et Khalid Naciri, ex ministre...
Si nous étions dans un pays démocratique, et qu'il s'agissait d'un débat pour les présidentielles, le public aurait noté ainsi: 80 points pour le premier et 20 points pour le second.
1 - Abdelmoumni:
a - a rappelé certaines vérités:
- L'Etat marocain avait accepté le principe du référendum d'autodétermination. Je précise: en juin 1981 Hassan II avait  annoncé au sommet africain qui se tenait à Naïrobi l'accord du Maroc sur l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara Occidental. Des troupes onusiennes sont installées au Sahara depuis des années.
 - L'Etat marocain n'a pas une politique continue et conséquente dans la question du Sahara
b - a démontré l'absurdité de ce que j’appellerai "les rétorsions économiques" de l'Etat marocain (cas de IKEA, VOLVO): l'image du pays en souffrira, mauvais signes pour les investissements étrangers...
c - C'est le palais, et lui seul, qui décide lorsqu'il s'agit de grands dossiers
d - Ce qui se passe actuellement autour de ce que je pourrais appeler "l'affaire de la Suède", n'est autre que des gesticulations  بهلوانيات sans lendemain
2 - Naciri: sur un temps de guerrier, il n'a fait que répéter le discours officiel et n'a pas apporté un seul nouvel élément, en dehors du "Sahara est marocain, il restera marocain et tous les coups sont permis pour le préserver". Remarque personnelle: Mr Naciri oublie que seul le palais a le premier et le dernier mot et que l'Histoire nous a appris qu'en politique de décolonisation tout est possible.
Dans le dossier du Sahara Occidental, en dehors du palais, les autres acteurs ne sont que de simples figurants.
    Ma réflexion matinale ne va pas au fond du dossier. Ma position n'est autre que celle défendue par ANNAHJ ADDIMOCRATI qui ne diffère en rien de celle d'ILAL AMAM dont je suis l'un des fondateurs et ce, le 30 août 1970
     Ali Fkir, le 1er octobre 2015

mercredi 30 septembre 2015

حول "الحركة" المخزنية


"ما حدها تقاقي وهي تزيد فالبيض"

  زيادة على الإجراءات الزجرية التي اتخذت في حق شركتي ايكيا و فولفو السويدتين، فقد اتجهت "الحركة" المخزنية (al harka) نحو بلد السويد ل"ردعه"، و ذلك غرارا على ما كانت تقوم به تاريخيا "الحركة" في بلد "السيبة"، بلد "الخارجين عن طاعة السلطان".
  فزيادة على "المؤطرين" المخزنيين الذين سيسهرون على فرض الانضباط لتوجيهات/ تعليمات النافدين بالرباط، تضم "الحركة" الأحزاب السياسية الآتية:
 العدالة و التنمية، الأصالة و المعاصرة، الأحرار، حزب الاستقلال، الحركة الشعبية، الاتحاد الاشتراكي، الاتحاد الدستوري، حزب التقدم و الاشتراكية، الاشتراكي الموحد.
"صبحان مبدل الأحوال"
على فقير، يوم 30 شتنبر 2015



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"الحركة الجديدة" 

"  الحركة" (بجزم الراء)/  al harka مصطلح "مغربي" يعبر تاريخيا عن حملات السلاطين ضد الرافضين للاستبداد المخزني، حملة تشكل مناسبة للمزيد من الاضطهاد و النهب و الاغتصاب.

و الذي يهمني تاريخيا في مصطلح "الحركة" وهو كلما نادي المخزن، لب كل من هب و دب، و كل الوصوليين و المنافقين ذلك النداء/الأمر.
   و ما عاشه المغرب "العصري"، و يعيشه اليوم، لا يختلف في جوهره عن مظاهر "الحركة"، رغم اختلاف الزمن و النوايا و المستهدفين.
  لم يعد هناك خط فاصل بين السائد، و الحكومي و المعارض، حيث اختلط الجميع في"ضريح" رئيس الحكومة من أجل ممارسة طقوس"الحضرة" الجماعية/ la transe collective   و ذلك باسم الإجماع الوطني.
شخصيا أعتبر أن السياسة الخارجية لنظام ما، ما هي إلا امتدادا للسياسة الداخلية. فإذا رفضت أن أدخل "الزريبة" المخزنية (داخل البلاد)، فلا يمكن أن أكون أحد المجندين داخل "الحركة" تحت القيادة المخزنية (خارج البلاد).
لم أسمع من أحد "الغيورين" على "مصالح الوطن"، أن طرح (طرح فقط) تساؤلات حول شرعية تدخل الدولة المغربية العسكري في الشرق الأوسط ضد مصالح الشعب اليمني.
على فقير

dimanche 27 septembre 2015

Sur la réalité de Beni Tadjit

Réflexion matinale

Sur la route de Beni Tadjit
  Il n'y a pas une vie citadine et une autre campagnarde. Il y a des vies ici et là. La réalité est plurielle. C'est une question de classes sociales. Il y a ceux qui cultivent, qui produisent et les oisifs qui bouffent et amassent des fortunes. L'Etat makhzenien est là pour assurer "l'ordre", la "pérennité" des choses et ce, en essayant d'étouffer dans l'oeuf tout esprit de remise en cause de l'ordre imposé par les armes et la mosquée. 
   La colonisation de l'Amérique a été réussie grâce à la baïonnette et à l'église. L'exploitation de la religion à des fins politico-économiques ne date pas d'aujourd'hui. 
Bref! passons!
   A l'occasion de l'aïd, j'ai pris la route de Beni Tadjit, patelin où j'ai vu le jour. "JE", pour ne parler que de moi.
   Je devrais être au bled le lendemain de l'aïd. J'ai toujours évité d'assister aux rituels qui trouvent leurs explications dans un contexte où n'existaient pas de bouchers, où les gens égorgeaient les animaux pour conserver la viande, grâce au sel et au soleil, pour en manger toute (ou presque) l'année. Les délicieux "courdasse et gueddide" sont là pour en témoigner.
JE prends la route tôt le matin de l'aïd. L'escale à Midelt fait partie de mon "habitude". J'y passe une paisible nuit. Sans méchoui ni boulfaf. Midelt, la délaissée, la "vagabonde" d'hier, surtout depuis mars 1973, car Imilchil n'est pas loin. Imilchil où des gens à "sandales" (ils étaient désignés ainsi par la direction de l'USFP qui les avaient "répudiés"), avaient pris part à la rébellion armée contre Hassan II le tyran.
   Aujourd'hui, Midelt a retrouvé une partie de sa beauté (de façade), un sourire forcé, et ce, depuis qu'elle a été promue province. Depuis que le gouverneur, est là en tant que représentant du makhzen. Le gouverneur ( comme dans le vieux temps des seigneuries) est le véritable patron de la région. Les "élus"? hhhh Des petites marionnettes qui gesticulent sous ses ordres.
   Le lendemain d'al aïd je reprends la route de Beni Tadjit. La route reste "RN", praticable, jusqu'à Aït Khoujmane, à une quinzaine de km du sinistre bagne de Tazmamart. Après quelques km de Tazmamart, de la Kasbah de Addi Ou Bihi, de Kerrandou (ancien centre d'exil des nationalistes), JE me suis retrouvé dans une autre réalité. Je me suis retrouvé dans le Maroc oublié, dans le Maroc, marginalisé, dans le Maroc exclu. C'est l'équivalent des bidonvilles de Mohammedia.
La route devient impraticable, sur une distance de 60 à 70 km.
   Le gouverneur de Bouarfa ne passe pas par là, idem pour pour celui de Midelt. Aucun ministre ne met ses pieds dans la région. Gourrama, Beni Tadjit, Talsint...n'existent pas pour eux.
Après des heures de supplice, J'arrive à Beni Tadjit pour retrouver les gens accueillants, nobles, modestes, souriant malgré la misère. J'ai passé d'agréables moments avec les miens.
Les gens souffrent en silence. Politiquement, ils ne sont pas actifs, mais personne de ma grande famille n'a mis ses pieds dans les isoloirs du makhzen le 4 septembre 2015. Des gens du makhzen ont demandé à certains: pourquoi les aït FKIR n'ont pas voté. La réponse est resté vague au tour de "à quoi ça sert?".
    Quand viendra-t-il le jour où TOUS les marocains, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, "campagnards et citadins", puissent jouir de leur dignité, de leur liberté, de leurs droits de citoyenneté?
Ce jour ne viendra pas tant que nous misions sur le makhzen et ses institutions. Les peuples restent les "faiseurs" de leur Histoire. Mais un peuple soumis ne peut être que stérile.
        Tant qu'un peuple reste soumis, la stérilité l'emporte sur la procréation.
Ali Fkir, le 26 septembre 2015

mercredi 23 septembre 2015

Le temps passe, le crime résiste à l’oubli



Le temps passe, le crime résiste à l’oubli

   Nous étions 24 marxistes léninistes. Nous étions « installés » au Quartier G1de la sinistre « prison centrale de Kénitra ». Cette « maison centrale » accueillait les dangereux « taulards » et ceux qui sont condamnés à de lourdes peines. C’est un « joyau » que nous avons hérité de l’oncle gaulois.
  Nous étions séparés du quartier des condamnés à mort par un imposant mur. Dans ce dernier quartier se trouvaient, entre autres, des camarades (des rescapés) du martyr Cheikh Al Arab, tué (armes à la main) en Août 1964 à Casablanca : Atlassi, Al Haloui, Ben Hammou…, ainsi que 7 camardes du martyr Dahkoune : Idriss Méliani,Mohamed Lhajioui, Boujemaâ Miri, Boujemaâ Najah,Moha Ou Hammou Ouharfou, Saïd Ou Hsaïn Oukhoua, Mohamed Al Mouhtadi.
  Omar Dahkoune  a été exécuté (ainsi que 14 autres militants ittihadis) et ce, le 1er novembre 1973.
   A l’occasion d’Al Aïd Al Adha, Hassan II le tyran, avait ordonné leur exécution.
   Le matin du 27 août 1974, sous l’œil vigilant d’un maton, et comme à    l'accoutumée, les deux prisonniers de « droit » commun qui apportaient le « petit déjeuner » (petit déjeuner ? hhh une grande marmite remplie d’un thé mélangé au reste de la bouf du soir précédent), ont pu « trahir » la vigilance du maton,et nous communiquer la mauvaise nouvelle : les 7 prisonniers politiques ont été fusillés ce matin même 
Pour sceller définitivement le pacte de la réconciliation avec la direction (intérieure) de l’’UNFP/USFP, Hassan II avait offert en offrande aux Dieux de la tyrannie et de la trahison 7 vies humaines. 7 révolutionnaires ittihadis ont été sacrifiés sur l’autel du cynisme.
  Nous fûmes atterrés. Nous avons eu du mal à nous en remettre.
 En moi, et jusqu’aujourd’hui, la cicatrice n’a pas disparu. La blessure était trop profonde pour qu’elle puisse s’effacer sans laisser de trace.
   Sont heureux ceux qui ont la mémoire courte! 

                    Ali Fkir, le 23 septembre 2015