dimanche 9 décembre 2018

Je ne juge pas.


Je ne juge pas. 

J'essaie de "refléter" par écrit une certaine réalité que beaucoup d'entre nous ignore.
Les funérailles de ma belle-mère se sont déroulés selon les coutumes classiques avec quand-même quelques différences. 
- chez moi à Beni Tadjit, le défunt (homme ou femme)ne passe pas par la mosquée. C'est devant le cimetière qu'il est soumis à la prière. S'il est décédé le soir ou le matin, on attend pas la prière de "douhre" où "al asre". L'enterrement se fait vers 10-11 heures du matin.
- dans la plupart des régions du pays le ou la défunte passe par la mosquée au moment des prières collectives du jour.
- À Ouazzane à part le passage par la mosquée, les familles militaires amazighes ont gardé quelques "comportements" spécifiques: l'inévitable "dîner" de la défunte est respecté mais dans une autre "ambiance". Une table est réservée dans le coin pour les tolbas. Un seul "civil" s'était joint à eux. Des dizaines d'autres s'étaient attablées selon des affinités diverses. Alors que les tolbas "font leur travail classiques", sans faire attention à ce qui se dit autour deux, la majorité des autres discutent(selon les groupes), du foot, du chômage, de l'insécurité, des ravages de la drogue....
Ça, c'est du côté hommes. Comme le veux la tradition, les femmes sont séparées des hommes. Elles ont d'autres chats à fouetter. En petits groupes, elles discutent de leurs "misères ", des problèmes de décès , de mariage, de divorce, de la cherté de la vie...en tamazight et en darija. Les affaires religieuses et politiques sont laissées aux hommes.
Ali Ouhmad Fkir.

Différence entre Trump et Macron?


Différence entre Trump et Macron?
  Il faut rappeler d'abord qu'ils sont tous les deux le produit du grand capital, et que Macron est à la tête d'une puissance impérialiste(la France), alors que Trump est à la tête d'une superpuissance impérialiste(Les USA).
  Ils veulent tous les deux engraisser plus les potentats bourgeois.
  Par quel moyens? C'est là où réside la différence.
- Macron a en possession une vache maigre à traire: Maroc, Mali, Côte d'Ivoire, Centre Afrique, Niger, Sénégal...soulignant en passant que le Maroc est surtout un lieu paradisiaque pour les décideurs français, paradis où tout est permis. Devant cette maigre vache, le chouchou de la finance s'est rabattu sur les classes populaires françaises. Déjà en difficulté avec la vie, les travailleurs français (ouvriers, retraités, et travailleurs indépendants) ont été réquisitionnés par Macron pour renflouer les caisses de l'Etat et alléger les "charges" des patrons.
Fidèles à l'histoire de leur lutte de classe, les travailleurs et autres opprimés français se sont mis debout, ont relevé la Tête, et se sont dirigés vers Paris où se trouve le centre de décisions. Comme dans le glorieux passé, la colère du peuple français est en train de faire bouger toute la terre telle un tremblement de terre.
- De l'autre rive de l'océan, rôdé par le grand business, Trump à choisi un autre moyen: les arabes doivent financer les dépenses de l''administration américaine, acheter le produit industriel de l'entreprise américaine...
- "rouvrir" les vastes mines de charbon pour créer des postes de travail....au diable les problèmes de l'environnement, de la pollution!
- taxer les produits étrangers, même ceux de ses amis européens et asiatiques.
Malgré ses tentatives de supprimer certains acquis des pauvres américains, Trump à su jusqu'à présent "sauver" la trêve avec les opprimés de son pays. Le "déterrement de la hache de guerre" est reporté.
Macron à intérêt à méditer sur ce qu' avait dit un député communiste au début des années vingt du 20ème siècle: "le budget de l'Etat français a besoin de ressources? C'est simple. Il faut aller chercher l'argent là oú il est."
  Macron doit se retourner chez les banquiers et autres potentats capitalistes, le pays doit récupérer les milliards d'euros thésaurisés dans les paradis fiscaux à l'étranger.
LE MOUVEMENT DES "GILETS JAUNES" EST UN MOUVEMENT LÉGITIME .
S'INSURGER CONTRE L'OPPRESSION, CONTRE L'EXPLOITATION, CONTRE L'INJUSTICE EST LÉGITIME. IL EST DU DEVOIR DES HOMMES ET DES FEMMES LIBRES DE SE RETROUVER AU CŒUR DES MOUVEMENTS DES VICTIMES.
Ali Fkir, internationaliste marocain.

Le travail salarial n'a pas enterré totalement la solidarité.


Le travail salarial n'a pas enterré
 totalement la solidarité.
  La défunte MEMMA, prénom purement amazigh, descendante de la splendide vallée de Tsiouante, pas loin d'Outat Elhaj. Elle a partagé sa vie avec un militaire du même patelin, décédé il y a de cela quelques années. installés à Ouazzane depuis 1972, avec d'autres familles militaires presque toutes amazighes dont les grades (à ma connaissance ne dépassent pas le caporal), tous retraites depuis plusieurs années.
   Hospitalisée à Rabat puis en convalescence chez les siennes dans la même ville, la défunte a quitté ce monde le mercredi 5 décembre 2018.
Dans sa maison à Ouazzane il n'y a que son
garçon toujours célibataire.
   La défunte devrait être enterrée là-bas. Pas de soucis! Les enfants des militaires (la majorité de ceux-ci ne font plus partie de ce monde et les vivants sont trop âgés pour se mobiliser, mais leurs conseils etaient précieux.) se sont organisés: l'installation de la khaïma, l'enterrement, le manger, l'hébergement...TOUT à été fait volontairement pas les enfants et les femmes du quartier militaire. Les maisons étaient aménagées pour la nuit. Des gens sont venus de partout: Outat, Casablanca, Rabat et région, Mohammédia, Nador, Tetouane, Kenitra ...il fallait héberger tout ce monde. Cela a été fait dans les meilleures conditions.
   Je dois signaler et selon les dires des habitants du quartier militaire que ces citoyens font partie des démunis de la région et qu'ils sont vus de mauvais oeil par les notables et l'administration de la ville. Ces familles survivent avec des retraites de misère. La plupart tourne autour de 1 000dh le mois. Les chalets se trouvent dans un terrain qui fait couler la salive des spéculateurs fonciers et autres rapaces sans scrupule aucun. 
  L'administration, les notables, les corrompus élus et autres prédateurs tentent sans cesse de les "déloger ". MAIS OÙ IRONT-ILS?
Un vieux retraité m'a déclaré (c'est la pure vérité): nous avons combattu le polisario, aujourd'hui on nous traite ici comme si nous sommes du polisario. QUELLE 
DÉCEPTION ! QUELLE AMERTUME!.
  Ces citoyen-nes méritent de la considération, méritent une vie meilleure. 
  Je suis fier d'avoir comme compagne, la camarade ZAHRA AZLAF, MEMBRE DU SECRÉTARIAT NATIONAL D'ANNAHJ ADDIMOCARATI/LA VOIE DÉMOCRATIQUE, la camarade qui a passé une grande partie de sa vie dans le quartier et qui bénéficie d'une grande considération dans le quartier. Elle représente " un modèle " de femme émancipée , de femme de principes, de femme militante, un exemple à suivre.
   Merci aux habitant-es du quartier des militaires/quartier Al adir , à ses jeunes dont certains ne rejoignent leurs lits qu'après s'être assuré que je suis bien installé. J'en suis très touché. 
Je reste optimiste et plus déterminé que jamais à continuer le combat pour un nouveau Maroc. Le travail salarial, le capitalisme, le régime makhzenien n'ont pas détruit les valeurs humaines , les valeurs bâties sur la solidarité, sur le respect mutuel de nos ancêtres. Avec l'enrichissement de ces valeurs par les apports de la classe ouvrière et de ses intellectuel-les révolutionnaires, le peuple marocain est capable de construire un NOUVEAU MAROC, UN MAROC QUI GARANTIRA LES DROITS ÉGALITAIRES POUR TOUS, FEMMES ET HOMMES.
Ali fkir, communiste marocain.

lundi 26 novembre 2018

Le jour le plus long


Le 18 novembre 1962, le jeune despote annonça "le projet de la 1ère constitution du bled", projet soumis au "débat" public. La date du référendum fut fixée pour le vendredi 7 décembre 1962.
56 ans après, les six "constitutions" imposées(1962, 1970, 1972, 1992, 1996, 2011) n'ont fait que renforcer le pouvoir du palais. Le makhzen ne fait que changer sa peau telle une vipère, quant au mouvement progressiste classique, l'érosion de son âme n'est pas à démontrer .
Ali Ouhmad Fkir (26 novembre 2018)
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Extrait du livre "Le petit berger qui devint communiste": 
Le jour le plus long
 Ce fut un vendredi 7 décembre 1962, à six heures du matin, Moha réveilla les pensionnaires de la « Maison de Bienfaisance ». Ils avaient une heure pour vider les lieux. Faire leur toilette, prendre le petit déjeuner, s’habiller, quitter la demeure et ne revenir que le soir tard. Il faisait glacial dehors.
Le gérant, remit à chaque gosse, un demi pain avec à l’intérieur 4 petites sardines. C’était pour toute la journée. 
 Pourquoi cette « punition » collective ? C’était simplement le jour du référendum relatif à la « constitution », la première constitution du Maroc. La Maison a été réquisitionnée par l’administration pour y installer des bureaux de vote.
 Les enfants pain à la main, sans emballage aucun, l’huile coulait des coins du pain, étaient obligés d’éviter les lieux habités. Ils se réfugièrent dans le lit d’un ruisseau attendant, tout grelottants de froid, le soir qui allait tarder à venir.
Le petit avait vécu avec grande émotion le débat relatif à cette opération. Mais il a fallu quelques années pour mieux comprendre les vrais enjeux.
Hassan II fraîchement intronisé, voulait « légitimer » sa tyrannie. Sa légitimé en tant que roi, se basait sur l’islam (commandant des croyants) et sur sa lignée en tant que descendant du prophète Mahomet (chérif), cette légitimé est consacrée par « la Baia (l’allégeance) du peuple ». La France et autres pays impérialistes, avaient besoin d’autre chose pour « légitimer » aux yeux de leur opinion publique leur soutien à un régime despotique. Puisque la base d’un système « démocratique » bourgeois est d’abord une constitution et un parlement, il suffit alors de façonner une constitution à la hauteur des aspirations dictatoriales du jeune roi, et « d’élire » un docile parlement capable de travailler sur commande. Ce qui arrangeait aussi bien le jeune despote, que les initiateurs du néocolonialisme.
 Des juristes français furent chargés de l’exécution de l’entourloupette. Ces exécutants sur commande étaient bien rodés sur ce genre d’opérations à travers les pays africains, surtout qu’elles étaient juteuses et qu’elles arrangeaient les affaires de toutes les parties au détriment toutefois des intérêts des peuples.
 L’UNFP décida de boycotter le référendum, l’Istiqlal et le MP appelèrent à voter « OUI » à la constitution, l’UMT ne prit pas position.
A Midelt, l’administration locale interdit à Mehdi Ben Barka de tenir son meeting de boycott. Le petit était là avec des centaines d’ouvriers. Ils attendaient en vaine Mehdi.
 Les pensionnaires   regagnèrent la « Maison de Bienfaisance » vers 19 heures. On les refoula. Il fallait attendre la fin de « dépouillement ».Vers onze du soir, les gosses regagnèrent leur « chez-soi ». Ils apprirent qu’il n’y avait pas de vote. Il n’y avait que le bulletin « blanc de oui ». Les votants n’avaient pas le choix. Il n’y avait pas de dépouillement. Les mafieux avaient passé la journée à bouffer, à se raconter des anecdotes de mauvais goût. Ils terminèrent leur soirée avec du couscous et du méchoui bien « mérités». Les affamés enfants qui grelottaient dans la rue ne les gênaient en aucun cas.
Les PV ont été envoyés des heures avant la fermeture des « bureaux de vote ». Participation 99%, le oui 100%.
Comme les taux de boycott et de non-participation étaient très élevés, et pour que les « démocraties » occidentales valident avec mention « excellent » l’opération, le ministère de l’intérieur annonça les taux suivants : 77,88% pour la participation et 80,10% pour le OUI. Ainsi prit fin le premier acte d’une comédie dont les principaux acteurs n’étaient autres que le palais et la France.

 Au terme de ce jour, le jour le plus long pour l’ex petit berger, celui-ci enterra définitivement ses illusions relatives au « nouveau Maroc ». Son pifomètre de « mathématicien » ne l’avait pas trompé sur le personnage du nouveau roi. Au fonds de lui-même, le petit n’avait jamais gobé l’histoire du roi (sur son cheval blanc) sur la lune. Le petit traversait « l’âge du doute ». C’était l’âge du questionnement, l’âge de la remise en question des « acquis, des absolus, des tabous ». Il fallait attendre le développement des conflits « nationaux », il fallait la lecture de Diderot, Voltaire, Rousseau, et surtout Marx, Engels, Lénine, Mao et d’autres pour mieux comprendre ce qui se passait au Maroc. Le Maroc en tant que partie du globe terrestre, ne pouvait faire l’exception à la logique de l’Histoire, à la dynamique du développement humain. La différence entre les pays réside simplement dans la « cadence » du développement aussi bien économique que politique, social et culturel. Plusieurs préfèrent que certains pays tel le Maroc restent à la traine, et marche aux « pas de la tortue ». Nos amis français et américains ne pouvaient nous souhaiter autres chose. Les intérêts obligent."

mardi 20 novembre 2018

18 novembre, un jour de mauvais souvenirs.

18 novembre, un jour de mauvais souvenirs.
(Extrait du livre "Le petit berger qui devint communiste")
".... Des milliers de militants progressistes marocains (marxistes léninistes et ittihadis) avaient payé chèrement leur opposition au régime. Le régime avait profité de « l’entrée en transe chauvine» de tout un pays pour régler ses comptes avec les meilleurs fils du peuple.
Le 18 novembre 1975, en « pleine marche verte », Amine Abdelhamid fut enlevé de la prison de Kénitra, puis ce fut le tour de Derkaoui, d’Assidon… En dehors de toute formalité juridique, ils furent emmenés dans le centre de torture, à l’extérieur de la prison. Ils disparurent.
Le groupe entra immédiatement en grève de la faim illimitée, exigeant le retour des disparus. La réaction de l’administration ne se fit pas attendre. Prise d’assaut du quartier G1 par une meute de matons, les militants furent isolés dans des cellules nauséabondes dans les différents quartiers de la prison. L’accès à la prison fut interdit aux familles, aux avocats… Personne ne savait ce qui se passait chez les détenus politiques (groupe de 1972). Les appareils de l’Etat, la presse partisane, les politicards et autres relais makhzeniens, aveuglés par le chauvinisme, répandaient intentionnellement la rumeur comme quoi, les prisonniers « communistes » étaient en grève de la faim (et du parloir !!!) protestant ainsi contre la « marche verte ». Ils furent traités de traitres à la nation. Les services du makhzen disaient aux familles que les leurs refusaient de les voir, et qu’ils étaient contre tout ce qui était marocain, tout ce qui était national.
La vérité était ailleurs. Les services de l’Etat makhzenien attendaient depuis des années l’occasion de mater les militants. La grève de la faim était loin, mais vraiment loin d’être une grève politique. Les grévistes exigeaient le retour d’AMINE, D’ASSIDON, DE DERKAOUI…Parmi les grévistes, il y avait des militants qui défendaient la marocanité du Sahara.
L’ex petit berger fut isolé dans un quartier des détenus de «droit commun». La cellule était minuscule, nauséabonde…ses seules compagnes n’étaient autres que les taupes qui sortaient du béant trou. Il ne pouvait communiquer ni avec ses camarades, ni avec les détenus du coin, ni avec le monde extérieur de la prison. Le judas était fermé de l’extérieur. Pas de promenade. Il grelottait de froid. De temps en temps, des gardiens accompagnèrent un individu en blouse blanche qui lui tâtait le pouls, lui prenait la température…pour déclarer (toujours le même refrain) : sa situation s’aggrave. Une demi-heure après, les mêmes gardiens arrivaient avec une grande marmite qui dégageait une odeur « alléchante » de bouf. On lui proposait de sauver sa vie en bouffant. L’administration n’avait comme objectif que de faire échouer le mouvement de résistance, de « caser » la grève de la faim. La grève suscita un mouvement de solidarité des prisonniers de «droit commun ». Ces victimes de l’ordre social établi, attendaient le soir pour exprimer par des cris leur solidarité. Au milieu de la nuit, l’ex berger entendait : «tiens bon Ali», «tiens bon Si Ali»…c’était certainement la même chose dans les autres quartiers. Comment ont-ils eu le prénom de l’ex petit berger ? Il ne le saura jamais. La majorité des détenus de ce quartier étaient condamné à la prison à vie. Dans le jargon de la prison, c’était des « perpet » (ça vient de perpétuité).
Après 19 jours de la grève de la faim, et au milieu d’une nuit, les grévistes furent regroupés dans une grande salle. Ils eurent l’agréable surprise de trouver devant eux les avocats militants : Abderrahmane Ben Amre, Abderrahim Berrada et Abderrahim Jamaï, accompagnés d’individus se présentant comme responsables au sein du ministère de la justice. Les avocats ignoraient complètement le problème. Il fallait leur expliquer ce qui se passait : la disparition de certains militants etc.. Ils nous apprirent l’enlèvement d’un frère et d’un cousin d’Amine, l’arrestation de certains gardiens de la prison et la convocation policière de certains membres des familles…Après des de difficiles «négociations», un accord fut trouvé : Amine, Derkaoui, Assidon…resteraient en prison, mais isolés pour quelques jours et cela dans l’attente de la fin de « l’enquête » en cours sur un « réseau politique » où seraient impliqués Amine, Assidon, Derkaoui, Anis Balafrej, des membres de la famille d’Amine, des gardiens…Les grévistes se réunirent entre eux et sans opposition aucune acceptèrent le compromis. Il fallait aller voir Amine et les autres, s’enquêter de leur santé et surtout leur apprendre « le compromis » léonin qui était loin d’être une victoire. Personne n’avait osé se présenter aux victimes de l’arbitraire. L’ex petit berger prit sa responsabilité, et passa voir militant par militant. Il ne pouvait pas les voir ensemble. C’était interdit pour des raisons « d’enquête ». Amine était le seul à critiquer le « compromis » mais accepta de se soumettre à la volonté du groupe.
Les grévistes arrêtèrent la grève de la faim et retrouvèrent leur quartier. Le lendemain, ils reçurent les visites des familles et leur expliquèrent les dessous de cette répression. Des jours passèrent, puis des semaines sans que les militants isolés regagnassent leurs camarades du quartier G1. Ces derniers commencèrent à préparer la reprise de la grève de la faim en vue d’imposer le retour parmi eux de leurs camarades.
Une matinée de début de l’année 1976, l’ex petit berger, Jawad Skalli et un autre militant dont j’ai oublié le nom, furent convoqués par la direction de la prison. Arrivés au bureau du directeur, ils furent embarqués par des gorilles en civil. Ils se retrouvèrent au commissariat de Kénitra. L’ex petit berger fut conduit dans le bureau du principal. Il ne connaissait même pas le nom de ce patron de la police de kénitra. Il fut reçu courtoisement, sans la présence des tortionnaires. Le patron des flics était vraiment gêné. Il posa des questions simples : est-ce que tu as gardé des contacts avec ceux de l’extérieur ? Est-ce que tu a des contacts politiques ou « commerciaux » avec tel gardien, est-ce que ton frère Lahcen a passé quelque chose au frère d’Amine… ? L’ex berger répondit négativement tout en se préparant aux séances inévitables de la torture. On lui présenta le PV. Le PV était fidèle aux déclarations. Il signa et regagna un bureau. Ses deux compagnons furent reçus par la même personne. Et furent regroupés normalement dans un bureau. A midi on leur amena un grand plat (ksaâ) de couscous, très bien garni en légumes et en viande. Le soir, ils furent ramenés à la prison. L’ex petit berger n’avait rien compris. Il aura compris par la suite. Le policier était quelqu’un de Gourrama, à 65 km de Beni Tadjit (village natal de l’ex petit berger). Un de ses frères était avec l’ex berger dans le même lycée et étaient à l’université dans la même époque. Ce frère était militant (non actif) de l’UNEM à la fac des sciences…C’est une famille du village de l’officier Moha Boutou, militant du PCM au Lycée Tarik d’Azrou. Il mourut le premier mars 1978 (cellule 55) dans des conditions affreuses au bagne de Tazmamart.
Ce patron de la police aura été arrêté par la suite dans conditions «sombres».
Juste après, Amine Derkaoui, Assidon furent ramenés au quartier G1. Pour des raisons politiques, Anis fut admis à l’hôpital d’Avicenne et séparé définitivement du groupe. Des membres de la famille d’Amine et des jeunes gardiens furent détenus à la prison de Rabat pour constitution de réseau d’aide aux prisonniers politiques du quartier G1 : journaux, radios, livres interdits…"
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A l'OCCASION DE LA DISPARITION DU PLUS GRAND COMMUNISTE MAROCAIN

A l'OCCASION DE LA DISPARITION DU PLUS GRAND COMMUNISTE MAROCAIN, le 18 NOVEMBRE 2010. ABRAHAM SERFATY, NATIONALISTE, ANTI-SIONISTE, ANTI-MAKHZENIEN.
(Extrait du livre "le petit berger qui devient communiste).
"A la veille de la « fête du trône » de 9 juillet 1971, la direction de l’UNEM reçut une invitation, ce qui était inimaginable depuis mars 1965, pour assister au banquet du 10 juillet au palais royal de skhirat. Qui était derrière l’invitation ? La direction déclina l’invitation.
Le 10 juillet 1971, c’était un samedi, le jeune communiste était avec le militant Abraham Serfaty assis sur la falaise de la plage des nations entre Salé et Kénitra. Ils discutaient des tâches de l’organisation et surtout de ce qu’allait/devait faire le jeune au Gharb.
Kénitra était une ville industrielle. Kénitra était dans le temps la capitale du capitalisme agraire. Kénitra était la capitale de la résistance paysanne face aux grands propriétaires terriens dont des membres de la famille royale et autres prédateurs. L’ex berger, Zouhair et Z. M, nouvellement « injectés » dans la région avaient de lourdes responsabilités.
Vers 17h (ou 18h), Sertfaty et le jeune rentrèrent à Rabat, et pour aller au quartier Agdal, ils passèrent par le quartier Hassan, à 100 mètres des locaux de la radio et de la télévision. Leur attention fut attirée par la présence des centaines de jeunes soldats tout autour des bâtiments. Le jeune demanda à son camarde de le laisser dans le coin.
Le jeun se dirigea vers le lieu « militarisé ». Un palestinien, militant du FDLP, se détacha du groupe des badauds et vint prendre dans les bras le jeune communiste tout en criant : mabrouk camarade Ali, mabrouk la république ! Le jeune ne s’enflamme pas facilement dans ces situations. Il se détacha du militant palestinien et se dirigea vers les jeunes soldats. L’un d’eux pointa l’arme sur le jeune et ordonne : « n’approche pas ou je tire ! ». Le jeune demanda humblement : je voudrais savoir seulement ce qui se passe. Le soldat répondit : « vive la république ! Mais dégage ou je tire ».
Le petit prit un taxi et rentra à la cité universitaire. Il alluma la radio, et en tamazight le speaker répétait : il n’y a plus de monarchie…! Des cortèges de voitures passaient devant la cité : les klaxons fonctionnaient à fonds, les vives la république !, les filles « youyouaient »…c’était la fête. Les étudiants n’avaient pas à prendre de taxi ou de bus. Tout fut gratuit. Les étudiants voulaient aller au centre de Rabat. Devant la grande gare des manifestants détruisaient les grands portraits du roi, et les symboles de la fête du trône.
Le jeune trouvait cela trop beau pour être vrai. Il revint dans sa chambre alluma la radio. Il remarqua que la chaîne de Tanger était entre les mains des monarchistes. Le général Oufkir, le monarchiste, était le maître de la situation. Hassan II lui avait délégué tous les pouvoirs. Vers 20h, la cité fut encerclée par les loyalistes. Personne ne pouvait ni entrer, ni sortir. La chaîne de Rabat était toujours entre les mains des putschistes.
Le 11 juillet 1971, au levé de soleil, le jeune se rendit au quartier Hassan où les jeunes soldats d’Ahrmemou résistaient toujours. Ababou, le cerveau du putsch, et leur chef adoré avait été abattu par les monarchistes. Ils étaient rares les badauds. Il y avait essentiellement des policiers en civil. Le jeune se faufilait entre les « civils ». Retranchés dans des bâtiments, les jeunes soldats résistaient. Les monarchistes tiraient sans sommation sur tout ce qui bougeait. Dans ce champ de bataille, le jeune, eut la surprise de retrouver Abdelhamid Amine, venu très tôt de Kénitra pour voir de près ce qui se passait, quelques minutes après, il retrouva Abdellatif Derkaoui. Les trois « s’ignorèrent ». Pas d’imprudence dans ces circonstances.
Vers l’après-midi du dimanche 11 juillet 1971, Hassan II et son entourage reprirent totalement le contrôle de la situation. Des officiers furent exécutés sans jugement aucun. Des centaines de jeunes soldats furent emprisonnés. Des dizaines d’autres auront connu le bagne de Tazmamarat. Moha Boutou, le prolétaire comme le surnommaient ses camarades à Ahermouma, ami de l’ex berger, ancien militant du PCM mourut dans des conditions inhumaines, le 1er mars 1978 à Tazmamart. Cellule 55. Il est natif de Gourrama à 50 km du bagne de Tazmamart et à 65 km de Beni tadjit. 
Au palais de skhirat, des dizaines de « convives », marocains et étrangers y trouvèrent la mort. Allal Al Fassi, Ahardane et autres politicards ont été épargnés mais bien malmenés et injuriés. Les jeunes soldats, fils de paysans pauvres et d’autres déshérités étaient scandalisés par le festin préparé alors que des millions de marocains souffraient de malnutrition.
ILAL AMAM considéra cette tentative de coup d’Etat, comme manifestation de l’explosion des contradictions au sein des classes dominantes, au sein du régime. La famille royale s‘était accaparée tous les pouvoirs (politiques, économiques…) sans partage aucun, en plus des comportements dédaigneux et arrogants de Hassan II. Plusieurs de ceux qui avaient aidé Hasan II à bâtir « son empire » sur les cadavres des innocents (Rif…), ne pouvaient « avaler » facilement son ingratitude."
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بعض مساهمات نونبر 2018


6 مساهمات

بني تجيت: اعتصام أم معتقل سياسي
تعرض في الأسابيع الأخيرة المناضل خالد بنعزوزي لاعتقال تعسفي. و قد نقل من بني تجيت، بلدة سكناه، إلى سجن بوعرفة. و السبب الحقيقي في اعتقاله تكمن في دفاعه، صحبة أحرار و حرائر بني تجيت، عن مطالب مشروعة: الحق في الشغل، الحق في الكهرباء، فك العزلة عن المنطقة...الخ
وللتذكير فان بوعرفة تبعد بحوالي 200 كلم عن مركز بني تجيت، مما يخلق متابعة إضافية لعائلة المعتقل السياسي خالد. و الملاحظ أن محكمة بوعرفة تماطل في البث. أصبحت مماطلة القضاء المخزني عامة وطنيا. فالقضاء ينتظر تعليمات الرباط. نحن نعيش في إطار قضاء غير مستقل عن أجهزة وزارة الداخلية التي تعتقل، و عن من يعطي أوامر القمع.
و كرد فعل على الاعتقال التعسفي، و رغم قسوة الطقس البارد، فان أم المناضل خالد بنعزوزي بادرت إلى اعتصام لا محدود أمام قيادة بني تجيت احتجاجا على اعتقال ابنها، و مطالبة إطلاق سراحه بدون شروط.
إننا في جريدة النهج الديمقراطي، نعبر عن تضامننا مع أم المعتقل السياسي خالد، ندد باعتقاله، و نطالب بإطلاق سراجه فورا. (المحمدية، يوم الأربعاء 7 نونبر 2018).
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المحمدية و حركات الفئات المهمشة
تعرف عمالة المحمدية مقاومة شعبية متعددة الأوج، في صلبها، مقاومة الفئات التي تعاني من سياسات الدولة في الميدان الاجتماعي.
ففي الأيام الأخيرة،  نظمت ضحايا الهشاشة عدة وقفات محلية، و أمام العمالة، نذكر منها: كريان براهمة2(قيادة الشلالات)، براهمة شرقاوة (قيادة بني يخلف)، المشروع الفتح2 (قيادة بني يخلف)، زيادة على تحركات سابقة بالمشروع الفتح1، و سيدي عباد...و احتجاجات فلاحي و فلاحات منطقة سيدي موسى المجدوب على تهميش المنطقة.
و للتذكير كذلك فقد نظم عمال شركة "سمير" (بالرباط و شركة "كورفينيك"في الأسابيع الأخيرة عدة وقفات ضد الإغلاق الغير المبرر للشركتين، و ضياع حقوق العمال و العاملات...
في إطار هذه الحركية للاجتماعية، جرى الحوار التالي مع الرفيق الكبير الملازم، عضو الكتابة المحلية للنهج الديمقراطي، و "المستفيد" ب المشروع فتح 2 .
الجريدة: هل يمكن لك التعريف "بالمشروع الفاتح2"؟
الجواب: شيد المشروع في السنوات الأخيرة. يضم ألاف الأسر التي جيء بها أساسا من كاريانات: الشنطي الجديد، الشنطي الجموع، المسيرة، البرادعة. و أنا شخصيا جئت من الشنطي الجديد.
الجريدة: ما هي شروط "الاستفادة"؟
الجواب: تستفيد أسرتان من بقعة أرضية (حوالي 80متر مربع)، لكن رسوم التسجيل تبقى باهظة، أما البناء فلا تسأل.فقد عشت معاناة حقيقية، خصوصا و أنني عامل عادي، ورب أسرة، حيث تعد أجرتي المتواضعة الدخل الوحيد.
الجريدة: عرف المشروع الفتح2 عدة وقفات في الأسبوع الأول من شهر نونبر. ما هي أسباب خروجكم إلى الشارع؟
الجواب: المشروع يفتقد أبسط البني التحتية، مثل تعميم الكهرباء، المستوصف (مبني و غير مشغل)، غياب طرق المواصلات، مشكل  جمع النفايات، بعد المركز الإداري (قيادة بني يخلف التي تبعد عن المشروع بعدة كلم)، فالوقت الذي لا يفصلنا عن "مقاطع الحسنية" الحضرية إلا حوالي 300متر...
الجريدة: هناك أوساط تتحدث عن دوافع أخرى، و تتهمكم بالولاء لجهات معارضة؟
الجواب: أبدا. فدوافعنا نحن ساكنة المشروع الفتح2، دوافع اجتماعية. خرجنا إلى الشارع احتجاجا على تهميش المشروع، و مطالبنا واضحة. فقد توقفت الحركة بعد تمتيع المشروع بالكهرباء، و إعلان العمالة عن تشغيل المستوصف ابتداء من يوم 18 نونبر 2018...فنحن ننتظر الملموس.
الجريدة: كل التضامن مع ساكنة المشروع الفتح2، و مع كل ضحايا الإقصاء و التهميش، مع التذكير أن حوالي 60كاريان  بعمالة  تنتظر ميلاد مشاريع جديدة تضمن السكن اللائق لعشرات آلاف الأسر ضحايا سياسيات الدولة و ممارسات المافيا العقارية..
على فقير، عن جريدة النهج الديمقراطي.

هشاشة الشغل من أسباب تدنى الخدمات العمومية.
على فقير (نونبر 2018)
تعتمد العديد من الوزارات على التشغيل بالتعاقد المباشر (حالة آلاف الأساتذة و الأستاذات)، أو على التشغيل عن طريق شركات الوساطة sociétés d'intérim/
يعتبر التشغيل عن طريق الوساطة من أبشع مظاهر الاستغلال و الاضطهاد.  كيف؟
-  الضحايا مرتبطين قانونيا بشركة الوساطة و ليس بالمشغل. فبشكل عام تتوصل الشركة بالقدر المتفق عليه مع المشغل، تحتفظ لنفسها بالنصف و تمد الضحية بالنصف الآخر.  فلماذا لا تشغل الدولة مباشرة المواطن و المواطنة بالمبلغ الذي يتوصل به الوسيط/السمسار؟
 - تحرم ضحايا السمسرة من حقوقها المعترفة بها قانونيا: التنظيم النقابي، ساعات العمل المسموح بها، الأداء عن الساعات الإضافية، العطل القانونية، الحد الأدنى للأجور، التصريح لدى صندوق التضامن الاجتماعي... 
- تدني الخدمات: هل يمكن للمحرومين(نساء و رجل)من أبسط الحقوق أن ينجزوا مهامهم كما ينتظرها المواطنون؟
 -  انتشار الرشوة و التحايل...في المؤسسات العمومية.
بعض الأمثلة من الواقع.
1- حديث بيني و بين إحدى الخادمات في أهم المستشفيات العمومية بالمغرب: 
-قاللالة"، هل أنت موظفة؟
- لا. أنا اشتغل عن طريق شركة متخصصة في الوساطة.
- كم هي أجرتك؟
 - 500ريال في النهار( 25 درهم في اليوم).
- أي 15 ألف ريال للشهر(750درهم في الشهر)؟
-  " 15 الف ريال إذا خدمت شهر كامل".
التعليق: المستشفى المعني بعيد عن الأحياء الشعبية، بمعنى هناك تكاليف النقل، مشكل الأمن...
 إذا كانت السيدة و مثيلاتها يعشن مآسي حقيقية، فإن المرضى، نزلاء المستشفيات، يصبحون ضحايا الهشاشة ، و هذا زيادة عن غياب الشروط الأساسية للاستشفاء: التأطير الطبي الجيد، آلات الفحص الضرورية، الأدوية الضرورية،  التغذية، الأغطية...
2 – واقع المستخدمات في اغلب المؤسسات التعليمية.
-         الاعتماد على خدمة نساء تابعة لشركات الوساطة.
-         أجر الشهر لا يتعدي 800درهم.
-         محرومات من ابسط الحقوق التي تضمنها مدونة الشغل، و ذلك على علتها.
التعليق : كيف يمكن للمؤسسات التعليمية التي تعتمد على رجال و نساء يشتغلون في إطار التعاقد المفروض مباشرة (الأساتذة و الأستاذات) أو عبر شركات الوساطة/السمسارة أن توفر تعليما جيد يساير تطور الإنسانية، اجتماعيا، علميا، اقتصاديا، فلسفيا...الخ
الخلاصة
 عبر تعميم التشغيل بالعقود و عبر شركات السمسرة، فان الدولة المخزنية تريد البقاء بالشعب المغربي في زمن الظلومات حيث يمكن للاستبداد أن يحكم و يسود بدون محاسبة، بدون معارضة حقيقية.
 انتشار التشغيل  وسط القطاع الخاص (الصناعة، الفلاحة، الخدمات) عن طريق سماسرة الوساطة، يسمح للبرجوازية الرأسمالية مراكمة الأرباح عبر استغلال قوة العمل، استغلالا بشعا.
 و تبقى الطبقة العاملة و عموم الكادحين، نساء و رجال، ضحايا الافتراس في بلد يسيطر فيه الأغنياء و مختلف مصاصي دماء البشر، و مما يسهل الافتراس، هو غياب أدوات المقاومة، غياب أدوات التغيير، في مقدمتها حزب الطبقة العاملة  المؤطر و المنظم لعموم الكادحين.

 تساؤلات مشروعة
                              على فقير، نونبر 2018
يتساءل العديد من المناضلين و المناضلات على سبب فشل تجارب البرازيل، اليونان...
تساءل مشروع  يتطلب أجوبة من طرف القوى التقدمية عامة و من القوى الشيوعية خاصة. و إن لم تكن هناك أجوبة واضحة و نهائية، فعلى الأقل يجيب الاجتهاد من أجل الوصول إلى أجوبة مقنعة.
أمام الظروف المعيشية الصعبة التي خلقتها الرأسمالية في العديد من البلدان، فقد استجاب المضطهدين و الفقراء عامة، و الكادحين خاصة لنداءات القوى التقدمية المتعلقة بالتصويت لفائدتها من أجل التغيير على طريق بناء مجتمعات جديدة عادلة.
و هذا ما حصل في البرازيل، في اليونان، و في العديد من بلدان أخرى، خصوصا في أميركا اللاتينية. صوت المضطهدون لصالح القوى التقدمية، فازت  هذه الأخيرة في انتخابات الديمقراطية البرجوازية.
بعد سنوات، إن لم أقل بعد شهور، لاحظت الجماهير الشعبية عامة، و الكادحة خاصة، أن وضعيتها لم تتحسن، و أن القوى التي صوتت لصالحاه سائرة (بشكل عام) في نفس النهج التي سارت عليه الحكومات الرجعية السابقة. لهذا سحبت ثقتها من قوى "التغيير"، و أصبحت منقسمة على  ثلاثة أطراف: جزء بقي مرتبطا بقوى "التغيير" آملة أن تحقق شيئا ايجابيا في المستقبل، جزء تحول إلى قوى مقاطعة للانتخابات البرجوازية، و الجزء الأخير صوت لصالح اليمن المتطرف نظرا لشعاراته الراديكالية الديماغوجية.
و بتركيز، اعتبر شخصيا أن قوى تقدمية تعتمد على الديمقراطية البرجوازية، و "تحترم قواعد لعبتها"،لا يمكن أن تحقق تغييرا جدريا لصالح المضطهدين.
 الفلاحون الفقراء يريدون الأرض، الشعب يريد تأميم المناجم، المعامل، الأبناك... فهل في إطار الديمقراطية البرجوازية يمكن الاستجابة لهذه المطامح؟ مستحيل.
إن ما يقع حاليا في أمريكا اللاتينية، يشبه في حد ما ما وقع في العالم العربي و المغاربي خلال ما يصطلح عليه عنفا  "بالربيع العربي" رغم الاختلاف في المرجعيات. فقد عانت شعوب المنطقة من طغيان الأنظمة السائدة، فشكلت ثورة تونس المجيدة فرصة للانتفاضة ضد الاستبداد، مع الاعتراف بكون الامبريالية و الأنظمة الملكية لعبت دورا مهما في تأجيج الصراع داخل الأنظمة الجمهورية، خصوصا تلك المعادية للكيان الصهيوني (ليبيا وسوريا).
استجابت الجماهير المقهورة (بشكل عام) لخطابات و نداءات القوى الإسلامية الرجعية. و يمكن اعتبار الهستيرية التي عمت المنطقة انتقاما من  سيادة الخطاب القومي التقدمي، المعادي للامبريالية و الصهيونية خلال الستينات و السبعينيات، و الذي بقي بدون مفعول ايجابي على واقع الشعوب عامة، و على واقع الطبقات المضطهدة خاصة. مع مرور السنين، بدأ يتضح لشعوب المنطقة زيف الخطاب الديني، و أن البدائل التي يقدمها الإسلام السياسي أسو من الطغيان القومي.  تبقى اليوم على عاتق القوى الثورية في المنطقة مهمة تجاوز انتظاريتها، و طرح فكريا،سياسيا و خصوصا ميدانيا البديل الحقيقي، البديل الطبقي. فلا تغيير حقيقي دون تحكم الكادحين عامة و العمال خاصة في سيرورة التغيير، و هذا غير ممكن خارج بناء أدوات التغيير الثورية، المسلحة بالفكر ثوري.

الدولة المغربية و الكيان الصهيوني: كل شيء على ما يرام.
على فقير، نونبر 2018
الدولة المغربية تبقى عضو "الجامعة العربية" أكثر ارتباطا بالكيان الصهيوني منذ بداية الستينات، و ذلك قبل "اتفاقية كامب ديفيد" المشؤومة بين أنوار السادات و بناحم بيجين سنة 1978 التي لعب فيها الحسن الثاني دورا بارزا. و قد توطدت هذه العلاقات منذ تلك الاتفاقية.
1-على المستوى السياسي و الأمني.
 حسبAgnès Bensimon ، فان الموساد الصهيوني قد يكون لعب دورا بارزا في نسج خيوط "مؤامرة 1960 ضد والى العهد الحسن" و التي استغلها النظام لاعتقال العديد من المعارضين في مقدمتهم المقاوم البارز حمو الفاخري الذي أعدم بعد محاكمة صورية.
تعززت العلاقات الاستخباراتية بين أجهزة الدولة المغربية و الصهيونية  خصوصا بعد أن أصبح الحسن الثاني ملكا سنة1961 اثر وفاة محمد الخامس، الوفاة التي قيل فيها الكثير.
بعد تولى الحسن الثاني مقاليد الحكم، ابرم اتفاقا مع الحركة الصهيونية برعاية الولايات المتحدة الأمريكية يسمح بموجبه النظام المغرب بهجرة اليود المغاربة نحو فلسطين المحتلة، يتقاضى فيها النظام مبلغا بالدولار لكل مهاجر أو مهاجرة. قدر البعض عدد المهاجرين في تلك الحقبة السنوات ب 100000 مقابل حوالي 30مليون دولار. رقم ضخم في تلك المرحلة. و بجانب المخابرات المغربية و الأمريكية،  لعب الموساد الصهيوني دورا مهما في اختطاف المناضل المهدي بنبركة، المعارض للنظام الاستبدادي المغربي، و الرائد في مناهضة الامبريالية و الاستعمار و الصهيونية عالميا و ذلك يوم 29 أكتوبر 1965. كما سجل العديد من الملاحظين التعاون بين الأجهزة الصهيونية و المخزنية للتصنت على مجريات قمة "الجامعة العربية" بالرباط سنة 1965.
و منذ اندلاع نزاع الصحراء، فقد أصبحت الحركة الصهيونية عامة، و لوبياتها الأمريكية خاصة، أحد أهم دعائم  مواقف الدولة المغربية.
2- على المستوى الاقتصادي و السياحي.
إن سياسة الدولة المغربية تجاه الكيان الصهيوني لم تتغير مع تغير تركيبة/لون الحكومة، تلك السياسة التي تتعمق و تتوطد مع مرور السنين، وهذا على مختلف الأصعدة و في مختلف الميادين
فحسب تقرير المكتب المركزي الإسرائيلي للإحصائيات،  فان المبادلات التجارية بين المغرب و "إسرائيل" قد ارتفعتب50مليون دولار خلال 8الأشهور الأخيرة من سنة 2016، حيث أصبح المغرب يحتل الرتبة الثانية بعد مصر في التبادل التجاري "الاسرائلي" الإفريقي( حسبTribue juive ).
أورد منشور جديد بثه موقع "وورد إسرائيل نيوز"، أن "الصادرات المغربية صوب إسرائيل انتقلت من 5 ملايين إلى 25 مليون دولار، في السنوات الخمس الماضية"، كما سجل "توافد 30 ألف سائح إسرائيلي على المغرب السنة الماضية".(حسب هسبريس ليوم الأربعاء 04 يوليوز 2018 ).
يصدر الكيان الصهيوني نحو المغرب المنتوجات الصناعية، فالوقت الذي يستورد منه بالأساس المواد الفلاحية. فقد صرحت إحدى المسئولات في قطاع التعاونية بإقليم ميدلت (للإذاعة الأمازيغية الرسمية، صيف 2018)، أن "إسرائيل" تعد الزبون الثاني بعد فرنسا وقبل هولندا للتعاونيات بالمنطقة.
الحدود المغربية أصبحت اليوم مفتوحة أمام  الكيان الصهيوني في جل الميادين: الاقتصادية، والسياحية، و الرياضية، و الثقافية، كما لم يعد التعاون العسكري و الدبلوماسي سرا على أحد. فكيفما كان اللون السياسي للحكومة، فان تبعية الدولة المغربية للامبريالية، و  الصهونية، و الارتباط بالسوق العالمية يبقى معطى قارا.
 مناضل تقدمي مغربي مناهض للتطبيع مع الكيان الصهيوني المحتل لأرض فلسطين.


 لا إحقاق للمواطنة بدون تحقيق شعارات 20 فبراير
سعيد اوحماد (نونبر 2018)
عرفت مراحل تطور البشرية أنماط عيش خاصة بكل مجتمع، وكل نمط يتحدد بطريقة التفكير وطبيعة العلاقات بين الأفراد في العشائر والقبائل و الدول. ومع توالي التحولات وتطور المجالات والسياقات الاجتماعية، الاقتصادية، السياسية والفكرية ، بدأت تظهر إلى الوجود مفاهيم مرتبطة بواقع كل جماعة/مجتمع في حركية مرتبطة بنوع ودرجة التحولات العامة وبالأخص بدرجة الصراع بين مكونات الأفراد والجماعات على المستوى الاقتصادي وبينها والفئة الحاكمة على المستوى السياسي .
ومن بين المفاهيم الأكثر تداولا في العقود الأخيرة مفهوم المواطنة الذي لا يستقيم الحديث عن الديمقراطية في بلد ما بدون الرجوع إلى مدى احترام أنظمتها وحكوماتها لمجموعة من الحقوق والواجبات سواء أكانت مسطرة في دساتيرها من عدمه ، ولكن بالأساس تلك المعترف بها في الإعلان العالمي لحقوق الإنسان والتي تنبني على مبادئ الحرية، الكرامة والعدالة الاجتماعية، (والتي ليست بالصدفة الشعار المركزي لمطالب حركة 20 فبراير).
مفهوم المواطنة بتفسير لغوي بسيط يحيل على الأخذ والعطاء، على تبادل المنافع ، على التشارك في تقرير المصير، وبالأخص على المساواة في الحقوق والواجبات  سواء بين الأفراد أو بينهم وبين الدولة.
وفي المغرب ، عرف هذا المفهوم استعمالا وتوظيفا مفرطا في الخطاب اليومي إلى درجة تأسيس تنظيمات سياسية ومدنية واقتصادية بهذا المصلح ( حزب القوات المواطنة ، منتدى المواطنة ، المقاولة المواطنة...) مما يدفع إلى التساؤل عن واقع ثقافة المواطنة بالمغرب .
المواطنة في نظر الفكر التقدمي إقرار وإحقاق لمجموعة  من الحقوق السوسيو- اقتصادية لكافة "المواطنين " . وحتى يتضح الأمر ونستوعب دلالات المواطنة في المغرب يكفي الرجوع والارتكاز فقط على شعارات حركة 20 فبراير ليتبين ما مدى مشروعية مطالب هذه الحركة من جهة ومن ثمة تحديد الرغبة والإرادة  لدى النظام في المساهمة وتيسير شروط تحقيق هذا الواقع المنشود الذي سيحول العلاقة بين الأفراد والدولة من رعايا خاضعين لسلطة متعالية إلى مواطنين شركاء كاملي الحقوق بموجب قوانين ومواثيق متعارف عليها دوليا ، أو بالعكس من ذلك إلى أي حد يجب اعتبار هذه الحركة خارجة عن الإجماع  " الوطني "وبالتالي يجب محاربتها وقمعها ؟
إن الشعار الأسمى لحركة 20 فبراير والذي تتمحور عليه جميع المطالب التي ظلت ترددها ولازالت حناجر المتظاهرين في كل التظاهرات والمسيرات الشعبية هو : الحرية – الكرامة – العدالة الاجتماعية.
بالنسبة للحرية ، لا يمكن تحقيق مواطنة حقة بدون حريات لأن فقدان الإنسان لحريته في أي ظرف من الظروف ، فرديا كان أو مجتمعيا ، يمنعه من القيام بواجبه إزاء ذاته وتجاه غيره. وما الحرية إلا الحق الذي يتمتع به الفرد ويمارسه بطواعية . فالفرد المغربي حتى يكون مواطنا يجب أن يصان حقه في الحياة ، عدم خضوعه للتعذيب ، أن يظل بريئا إلى أن تثبت إدانته وبالتالي عدم اعتقاله أو نفيه تعسفا .  . . أن يصان حقه في التنقل ، في التمتع بالجنسية ، في إبداء الرأي والتعبير والتفكير ، في الاعتقاد والتدين من عدمه ، في تأسيس الأحزاب والجمعيات والنقابات... وبصفة عامة أن تصان مختلف الحريات الفردية والعامة.
وبالنسبة للكرامة فتتجسد في حماية نفس وجسد ومال الإنسان من الانتهاك أو الاحتقار أو السرقة أو التعذيب وما شابه ذلك. إنها حق طبيعي وقيمة مجردة تولد مع الإنسان وتبقى تلازمه حتى مماته ، وهي كذلك قيمة تحتوي على الحقوق الإنسانية العامة المتعلقة بالفرد والتي لا تقبل التقسيم . والكرامة عموما تقتضي أن يطالب الإنسان بحقوقه وأن يرفض الظلم الواقع عليه. و ببساطة فهي احترام النفس وتقدير مكانة الفرد بغض النظر عن الجنس ، اللون ، الدين ، المستوى الثقافي والاجتماعي . . . بعيدا عن ممارسات الحط من قيمته الإنسانية ومن الاحتقار ، التعالي والازدراء .
أما العدالة الاجتماعية فتتمثل في تمتيع كل فرد في مجتمع ما بالمساواة في الحصول على مختلف الفرص المتاحة للفئات المميزة ، بمعنى توافر العديد من المقومات والعوامل على رأسها المساواة ، تكافؤ الفرص وعدم التمييز . فالطريق إذن إلى العدالة الاجتماعية وبشكل موجز يحظر التمييز ، يوفر الفرص بتكافؤ ، يكفل التوزيع العادل للموارد والأعباء ، يوفر الحماية الاجتماعية ، والضمان الاجتماعي ، يوفر السلع والخدمات العامة للفئات التي تحتاجها .
وهكذا فحينما تتحقق المساواة، تكافؤ الفرص ، الحياة الكريمة والاحتياجات الأساسية لكل فرد من غذاء ، مسكن، صحة، تعليم، عمل ، الحق في السعادة . . . بغض النظر عن نوع الجنس ، السن ، العرق ، الانتماء الإثني ، الديني  الثقافي  أو الصحي ( العجز) ، آنذاك نستطيع أن نقر باحترامنا للحقوق التي أقرها الإعلان العالمي لحقوق الإنسان وبالتالي تجسيدنا للمبادئ التي يرتكز عليها مفهوم المواطنة.
وكخلاصة، فالشعارات التي رفعتها حركة 20 فبراير وترفعها مختلف المسيرات والاحتجاجات الشعبية التي تعرفها مناطق عدة من المغرب وبشكل يومي لا تخرج عن سقف  المطالبة بمختلف الحريات والحقوق التي  سطرها النظام بنفسه في مختلف دساتيره ، والتي بدونها لن تستقيم أية دولة تنشد الديمقراطية ودولة الحق والقانون اللهم إلا إذا كان النظام  يتشدق بها في خطابه اليومي ومن وراءه "العياشة " من أفراد و هيأت سياسية ونقابية و جمعوية بينما في الواقع المعاش فحدث ولا حرج عن الانتهاكات الجسيمة لمختلف القوانين والحريات التي سطرها بنفسه أو تلك التي اعترف بها وأقرها مكرها تماشيا مع المواثيق والمعاهدات الدولية.