lundi 25 août 2014

De "l'Histoire du MMLM": 1ère publication en français

Extraits relatifs à l"Histoire du mouvement marxiste léniniste marocain. 
1ère partie en français

Photos/archives relatifs au procès des marxistes léninistes marocains
Eté 1973






Bonjour ILAL AMAM

Extrait du livre « Le petit berger qui devint communiste »

« Pratiquement depuis début 1970, le noyau qui allait diriger la scission au sein du PLS (ex parti communiste marocain) était en œuvre. Il était composé de Laâbi, Serfaty,  Ben Addi, Belkhdar, Benaïm, Ben Chemsi, Mansouri et Ali Fkir. En coordination avec ce noyau, des militants œuvraient pour le même objectif dans la plus part des régions. La revue « souffles » (en arabe et en français) constituait la boussole politico-idéologique du mouvement.
La réunion de la constitution d’ILAL AMAM (« A ») eut lieu le 30 août 1970 à la maison du militant Abraham Serfaty, quartier Hassan (pas loin du café « JOUR et NUIT ») à Rabat.    
Etait présente une quarantaine de militants, tous membres du PLS, intellectuels, étudiants, lycéens, ouvriers, paysans,… Etaient représentées, les villes de Rabat, Salé, Casablanca, Kénitra, Marrakech, Tétouan,…
Les présents décidèrent à l’unanimité :
– De quitter définitivement le PLS, l’ex parti communiste.
– La constitution d’une nouvelle organisation marxiste-léniniste clandestine, la deuxième après la constitution quelques mois avant de la première qui allait donner par la suite « 23 mars » et « linakhdoum achchaâb ».  La première a été constituée par des militants venus d’horizons différents : UNFP, PCM, sans appartenance politique,… Elle a été désignée au départ par « B ». La deuxième (« ILAL AMAM »), a été désignée par « A » et cela, contrairement à la logique chronologique.
– L’adoption de la plateforme « les masques sont tombés, ouvrons la voie de la révolution !» (en arabe). Le projet de la plateforme a été préparé par Hassan Ben Addi et enrichi par le noyau national qui préparait la scission. La plateforme fut adoptée à l’unanimité par l’assemblée constituante de la nouvelle organisation marxiste léniniste. L’organisation « A » est connue depuis 1973 sous l’appellation d’ «ILAL AMAM » (EN AVANT).
– De constituer le «Comité/Commission de la coordination nationale provisoire». Ce fut la première instance dirigeante d’ILAL AMAM (« A »). Elle était composée de : A. Serfaty, A. Laâbi, J. Belkhdar, H. Ben Addi, R. Benaïm, A. Mansouri et A. Fkir.
Deux mois après, Ben Addi quitta l’organisation pour des raisons politiques, Benaïm pour des raisons personnelles ne participaient plus aux réunions. Mansouri fut recruté par l’ONE (à Casablanca) et ne pouvait pas assister à toutes les réunions. Son logement de fonction (dans une résidence d’ingénieurs) était un lieu idéal pour les réunions clandestines.
Trois militants rejoignirent ILAL AMAM et directement sa direction : Abdelhamid Amine, cadre du PLS à l’étranger et ancien communiste, il n’a pas pu assister à l’assemblée constituante alors qu’il était impliqué dans le mouvement de scission ; ainsi que Abdellatif Zeroual et Belabbès Mouchtari, deux grands militants qui étaient jusqu'au là sans appartenance politique. Donc, jusqu’à la « Conférence nationale » tenue le 31 décembre 1971 – premier janvier 1972, l’organisation « ILAL AMAM » (« A ») a été dirigée par : Serfaty, Laâbi, Belkhdar, Mansouri, Fkir, Amine, Zeroual et Mouchtari. Le véritable cerveau d’ILAL AMAM était constitué du trio : SERFATY, AMINE et ZEROUAL ».
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La force d'ILAL AMAM/ANNAHJ ADDIMOCRATI

Suite à ma publication relative aux conditions de la naissance du mouvement marxiste léniniste marocain en général et à la constitution d'ILAL AMAM en particulier, certaines militant-es m'ont demandé plus de précisions sur les instances dirigeantes (de cette période).
Pour ILAL AMAM
- La réunion de la constitution d'ILAL AMAM ( "A") a eu lieu le 30 août 1970 à la maison de Braham Serfaty, quartier Hassan (pas loin de "JOUR et NUIT") à Rabat.
- Etait présente une quarantaine de militants ( peut être un peu moins ou un peu plus) tous membres actifs du PLS  ex parti communiste marocain (intellectuels, étudiants, lycéens, ouvriers paysans).
- Régions représentées: Rabat -Salé, Casablanca, Kénitra, Meknès, Marrakech, Tétouan...
- Décisions finales:
* La décision de quitter définitivement le PLS (ex parti communiste marocain)
* La constitution d'une nouvelle organisation marxiste léniniste (la deuxième après la constitution quelques mois avant de la première qui donnera par la suite "23 Mars" et "Sawt Al Kadih/linkhdoum achchaâb").
La première organisation constituée (par des militants venus d'horizons différents: UNFP, PCM, sans appartenance...) a été désignée au départ par l'organisation "B"
La deuxième 'ILAL AMAM", a été désignée par "A" (contrairement à la logique chronologique) .
* La constitution d'ILAL AMAM a été faite sur la base de la plateforme "Les masques sont tombés, ouvrons la voie de la révolution" (en arabe). Le projet a été préparé par Benaddi, enrichi par un comité national qui préparait la scission depuis des mois. La plateforme a été présentée à l'assemblée constituante le 30 août 1972 qu'il l’avait approuvée sans opposition aucune.
* désignation du" comité/la commission de coordination nationale provisoire ". C'est la première instance dirigeante d'ILAL AMAM ("A"). Elle était composée de :
A. Serfaty, A. Laâbi, J. Belkhdar, H. Benaddi, R. Benaïme, A. Mansouri, A. Fkir
Quelques mois après, Benaddi (deux mois) a quitté l'organisation, Benaïm pour des raisons de travail (ou études) ne participait plus aux réunions.
Trois militants rejoignirent ILAL AMAM et sa direction: Abdelhamid Amine cadre du PLS/PCM à l’étranger n'a pas pu assister à la réunion de constitution, Abdellatif Zeroual et Belabbès Mouchtari deux grands militants sans appartenance politique.
Donc jusqu'à la "conférence nationale" du 31 décembre 1971-1er janvier 1972, l'organisation "ILAL AMAM" ("A") a été dirigée par:
Serfaty, Laâbi, Bekhdar, Mansouri, Fkir, Amine, Zeroual et Mouchatri. Notons que le véritable cerveau d'ILAL AMAM était constitué du trio: SERFATY, AMINE, ZEROUAL
La conférence nationale du 31/12/71 - 01/01/72 avait élu un comité national (commission  - genre du comité central) qui a élu à son tour à l'unanimité le secrétariat national (genre bureau politique) composé de SERFATY, LAABI, AMINE, ZEROUAL, MOUCHTARI.
Fin mai 1972 Amine fut arrêté.
Jusqu’en novembre 1974, le secrétariat national d’ILAL AMAM serait composé de Serfaty, Zeroual, Mouchatari, Fakihani et Zaâzaâ. Les deux derniers ont remplacé Laâbi et Amine arrêtés en 1972
 Après les arrestations de novembre 1974, ILAL AMAM serait dirigée par le trio : Mouchatari, Fakihani et Safi
De l'intérieur de la prison (groupe 1972), et en coordination permanente avec le secrétariat national, ILAL AMAM  était dirigée par le trio: AMINE, LAABI et FKIR et ce, de 1972 à 1979.
Pour le groupe du procès 1977 ainsi que pour l'étranger et malgré ce que je possède comme informations, je ne peux pas donner avec exactitude les compositions des instances dirigeantes.
REMARQUE:
Après la vague des arrestations des années 74-75-76-77-78. Le mouvement marxiste léniniste (organisé) à l'intérieur du Maroc fut pratiquement décimé Il subsistait à l'étranger.
A partir de 1979, un groupe de militants d'ILAL AMAM avait bravé (avec détermination) tous les obstacles et a repris la "reconstruction" d'ILAL AMAM. Ce groupe était dirigé par le camarade "E" (qui n'était autre que le camarade Mustapha Brahma). "Renée" des cendres, ILAL AMAM a pu donner un nouveau souffle au mouvement marxiste léniniste marocain, et une dynamique (que seuls les négativistes dénigrent aujourd’hui) à la résistance radicale du peuple marocain. Le soulèvement populaire de janvier 1984 en témoigne. Il suffit de réécouter le discours du dictateur Hassan II, de relire les communiqués d'ILAL AMAM d'alors...pour se rendre compte du rôle actif qu'avait joué ILAL AMAM réorganisé sous la direction du camarade Brahma et d'autres militants (Amine Tahani, Chbari, Samir, Ajarrar...)
Après les arrestations de novembre 1985, d'autres militants ont assuré la continuité d'ILAL AMAM jusqu'en 1994/95. Ils se sont intégrés à ANNAHJ ADDDIMOCRATTI qui a vu le jour en 1995 en tant que continuité d'ILAL AMAM.
ILAL AMAM (aujourd'hui ANNAHJ ADDIMOCRATI) n'a jamais connu de luttes pour les "postes de direction". On a eu toujours des difficultés à convaincre les militants "méritants" à accepter ce genre de responsabilité.. Je me rappelle des cas de Zeroual et d'Amine au début des années 70, de Baaziz, Zeroual (le neveu du martyr) en 2008, Amine...en 2008. La maladie de « leadershipisme » est ailleurs !
Il faut noter qu’ILAL AMAM /ANNAHJ ADDIMOCRATI n’a jamais connu de scission. Des personnes quittent individuellement l’organisation, des dizaines arrivent.
C'est la force d'ILAL AMAM/ANNAHJ ADDIMOCRATI, hier et aujourd'hui.
                         31 août 2011
                                  Ali Fkir
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1er Extrait du livre « Le petit berger qui devint communiste » :
« Le groupe était composé (sauf oubli) de : Guennad, Lahmar, Khabchi, El Yacoubi (tous militants d’un lycée de Taza, sans appartenance politiques), Hsaïn, El Hamdaoui, Hlali Abderrazzak, Zakari (du Lycée Tarik d’Azrou, militants d’ILAL AMAM), Laroussi, Kacemi (du Lycée Tarik, militants de LINNAKHDOUM ACHAAB), Moussoui Mohamed (élève-ingénieur à l’ENA de Meknès du Comité national d’ILAL AMAM)), Belmajdoub Mohamed (enseignant , Meknès), Mokhtar (lycéen, Meknès), Bennacer (ouvrier agricole, région de Meknès) – tous les quatre étaient militants d’ILAL AMAM –, Salim Redouane (enseignant à Beni Mellal, militant d’ILAL AMAM), Kamal Lahbib et un jeune lycéen, tous deux militants de LINAKHDOUM ACHAAB à Beni Mellal, Mansouri (ingénieur à l’ONE), Skalli (salarié), – tous deux militants d’ILAL AMAM à Casablanca –, Amine Abdelhamid (ingénieur), Ali Fkir (ingénieur-adjoint) tous deux responsables et militants d’ILAL AMAM à Kénitra.
Le soir du 4 juillet 1972, vers 18h30, le groupe passa du tribunal à la prison de Ghbila de Casa.  
Arrivés à la prison, les nouveaux « pensionnaires » étaient obligés de remettre tout ce qu’ils avaient comme argent, stylo, papiers, ceinture. Après les formalités d’identité : nom, prénom, état matrimonial,... ils passèrent dans une grande salle. Tout le monde à poil, totalement à poil. On les fit passer ensuite dans une salle, douche collective. L’eau tombait d’en haut. Une main invisible réglait le débit et la température. Pendant ce temps, d’autres mains fouillaient minutieusement les sales vêtements.
Après la douche collective, les nouveaux arrivés, escortés de gardiens, se dirigèrent vers le quartier de PP (petits prisonniers) réservé par la suite aux PP (prisonniers politiques).
Le groupe fut accueilli avec l’INTERNATIONALE (en français) et surtout avec RAMZOU AL INSANE ATTHA’YRYOUNE رمز الإنسان الثائر… L’ex petit berger distinguait les voix de Fakihani, Rahmouni, Laâbi, Belkhdar, Derj, Khotbi, Berdouzi... Toute la prison résonnait. Les prisonniers de « droit commun » et les gardiens observèrent le silence. Du jamais arrivé dans une prison du régime.
L’ex petit berger fut secoué des pieds à la tête. Il vibrait. Il ne pouvait pas espérer mieux comme accueil.
Ce fut une agréable surprise. Des salles de torture de Derb Moulay Cherif, en passant par la cave nauséabonde du tribunal, on arriva en prison et on fut accueilli avec des chants révolutionnaires ! L’engagement n’avait pas pris fin avec l’arrestation, le combat continue ! Quel bonheur !
L’ex petit berger, Amine, Moussaoui, Belmajdoub, El Mansouri Abdellah, furent isolés dans des cellules individuelles (sorte de WC): 2m20 sur 1m20, et cela pendant des jours et des jours. Pas de visite, pas de « promenade ». Enfermés 24 h sur 24 h. La bouffe était infecte. Il n’avait pas de quoi fermer le trou du « WC » qui dégageait une odeur insupportable. Les petits prisonniers de « droit commun » avaient abandonné dans la cellule des milliers de poux, de punaises, des centaines de cafards. Le plus dur était de défendre le morceau de pain (dur comme une pierre) qu’on vous donnait chaque matin (pour toute la journée) contre les taupes qui sortaient du trou. Elles étaient téméraires. Tu ne pouvais pas faire tes besoins sans le risque de voir surgir sous toi une grosse taupe. L’ex petit berger avait vécu cette mauvaise expérience. Tu ne pouvais pas dormir tranquillement. Les taupes venaient dénicher le pain, c’était ce que faisaient également les cafards. Les poux et les punaises s’attaquaient à ta chair pour sucer du sang.
L’instinct de conservation développait en vous des réflexes de défense. On cherchait des astuces, on essayait de se mettre dans la peau des adversaires pour trouver des moyens de défense. On pouvait même transformer le désagrément en passe-temps « agréable ». Il n’y avait ni livres, ni journaux, ni crayon, ni stylo, ni radio, ni être humain, ni démons/djnounes, ni anges,… il fallait savoir survivre avec/dans ce monde naturel, ce monde réel. Se montrer gentil avec les taupes en partageant sa pitance avec elles, en les grognant, les insultant dans d’autres cas. Elles finirent par vous comprendre. Elles te foutaient la paix lorsqu’elles sentaient que vous étiez de mauvaise humeur. Il fallait accepter de cohabiter en paix avec d’autres créatures dans un minuscule espace, et comme pour toute paix il fallait payer le prix : l’humain devait réserver 20% de son pain aux taupes, 2 à 5% aux cafards, un peu de son sang aux poux et aux punaises. Le petit passait son temps à chanter en tamazight. Il revivait son enfance du petit berger, d’écolier, du lycéen,… Malgré tout, son moral n’a jamais été affecté. Aujourd’hui, à 66 ans, l’ex petit berger, le communiste, n’a rien mais vraiment rien regretté de son itinéraire.
Il est né avec des valeurs communistes, il devint et grandit idéologiquement communiste, il mourra communiste.

Du moins c’est ce qu’il pense, et c’est son souhait le plus cher. »

1 commentaire:

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